‹ Eulalie Granger drame en cinq actes et en sept tableauxChapitre 65 sur 89 · CÉLESTINE, EULALIE · texte numérisé non relu

CÉLESTINE, EULALIE

eul\ i.ie. Ah! Célestine... dis-moi la ▼érité... il va se marier ?

CÉLESTINE. Qui ?

EULALIE. Ton frère?

CÉlestine. En voilà la première nouvelle.

EULALIE. Tu me trompes.

CÉLESTINE. Moi!

eulalie. Tu le sais!., tu crains de me le dire.

CÉLESTINE Du tout.

eulalie. Il se marip... lui !.. ah ! c'est bien mal... après sa promesse'...

CÉlestine. Mais il ne faut pas t’eu rapporter à un mol échappé à ina mère.

EULALIE. Je l’avoue... si c’est une faute, si c’est un crime... je m'en accuse... Mais cette espérance d’avoir en lui un protecteur , un appui , me faisait supporter les dégoûts dont on abreuve ma vie... Au milieu des chagrins dont je suis accablée... je me disais : Il existe un être qui pense à moi , qui s'intéresse à moi.... tin être qui m’aime... qui m'aimera toujours.

CÉlestine. Chère aime... lion t’entendait... songe donc que tu n’cs pas libre , que tu te dois à ton mari.

Ei'LALl'E. Je lui dois ma haine !

CÉLESTINE. Ta haine !

eulalie. Ali ! nous ne pouvons plus nous comprendre!., nos positions sont si différent* s!...

CÉLESTINE. Tu m*étonne9 jamais

dans les lettres tu u’as élevé la moindre plainte.

EULALIE. Si je t’avais dit la vérité dans mes lettres... elles ne te seraient pas par\*enues.

CÉlestine. Vraiment?

EULALIE. Oii les décachette toutes .. et l’on déchire celles où j’ai le malheur de me plaindre.... Oui!., la souffrance m’ol permise, la plainte m’est interdite.

CÉLESTINE. Pauvre esclave!

EULALIE. Air ! si Charles , si l’ami de mon enfance a pu oublier que mon existence était attachée à la sienne... s’il sYst choisi de nouveaux païens, une nouvill* famille... s’il a délia igné l'amitié de la

pauvre Eulalie plus de bonheur, plus

d’avenir pour moi Ma résolution o t

prise, mon sort est fixé.

CÉlestine. Et ta famille, qui t’aime, et à laquelle lu ne songes pas!., et le monde, qui garde scs jiigemens les plus sévères

pour nous autres femmes D’ailleurs,

chère amie, je te le répète... je ne sais rien sur mon frère... sinon quM voyage pour les intérêts de sa maison de commerce... il n’est pas plus question...

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