‹ Eulalie Granger drame en cinq actes et en sept tableauxChapitre 75 sur 89 · LE BARON, JACQUES · texte numérisé non relu

LE BARON, JACQUES

JACQUES. Vous me demandez... mon général?

LE baron. Jacques, je ne suis pas content... de toi... tu te négliges...

JACQUES. Moi... je me néglige... ah!

bien! par exemple, je ne m’attendais guère à ce compliment-là de votre part...

le baron. Tu n’as plus le même zèle qu’autrefois.

JACQUES. Toujours...

le baron. Je sais bien que nous sommes en hiver, que les nuits sont longues etfroides.

JACQUES. Four ceux qui ne dormentpaa.

le baron. Mais tu dors, toi...

JACQUES. C’est juste.

LE baron. Comment ! c'est juste?

Jacques. .Ma pauvre Catherine était malade. . il a fallu la soigner.... Je n'ai qu'une femme... et si je la perdais.... je ne vaudrais plus grand’chose.... Savezvous qu’on a trente ans de ménage chex nous?... Ah! dam.... nous nous sommes mariés jeunes... ça fait qu'on vieillit de compagnie.

le baron, impatienté. Ta négligence, si elle continuait, pourrait avoir des suites graves.

JACQUES. Qu’est-ce que vous craignez?

le oaron. Tout.

JACQUES. Mais vous êtes isolé.

LE baron. On a fait, ces jours-ci, dans quelques établisseinens semblables au mien... des tentatives sérieuses de vol.. .

d’escalades...

Jacques. Bah!...

LE DinoN. On a essayé de s'introduire la nuit dans les magasins.

JACQUES. Voyez -vous... ça!

le baron. Il est question d'une bande de malfaiteurs qui exploitent le département et qui rôdent dans les environs de Saint-Quentin...

JACQUES. En avant la canardière...

LE BARON. Jacques, tu sens de quelle importance it est pour moi que tu redoubles de surveillance.

Jacques. Dormez en repos.

le baron. Cet établissement compose la majeure parliede ma fortune., si' je le perdais, tu serais sans place.

Jacques. Je n’ai pas besoin que vous m’eu disiez davantage, les nuits sont noires... nous n’avons pasde lune... maison n’aura pas l’arme au bras... cl le premier malin qui montrera le bout de son nez...

LE baron. Sois prudent...

JACQUES. Laissez donc... un méchant de moins, c’est autant de gaguc pour les bons. ( Uuhrruil entre.) Bousoir M, Dubreuil. U *ort.

tnooooonn rinn nn^m^nn oooncu çoooootioiraooen

DUBREU1L, LE BARON.

LE RARON, à Uuhrruil, qui entre. Eh bien!

Dubreuil, si je te disais maintenant... je sais ce nom que j’ai taut maudit sans le connaître!...

dubreuil. Chimères!

LE baron. Je suis trompé, déshonoré,

MAGASIN THEATRAL

par la plus fausse , la plus perGdc de toutes les femmes!

Dubreuil Propos de jaloux.

LE baron. J’en suis sûr.

DUBREUlL. A cela je te répondrai : Je le Terrais que je ne le croirais pas

LE baron. Mais, entêté, j’aidts prouves.

DUBREUlL. Ils sont tous comme cela!...

ils ont tous des preuves... du moment qu'un mai i s'esl mis dans la tête de soupçonner sa femme... elle ne dit pas un mot, ne fait pas un geste qui ne dépose contre elle .. et ne devienne à l'instant même une preuve, . . que son mari n’a pas le sens commun

LE baron. Si je te disais... mais non...

DUBREUlL. Où vas-tu ?

LE R \ron. Prendre d'utiles précautions, causer avec le mairede notre canton...

DUBREUIL. Mettre l'autorité de moitié dans un secret de famille... compromettre ta femme, livrerlcs débats de ton intérieur à la malignité, car un maire n’est pas plus discret qu'un autre homme, et quand il trouve l’occasion de rire aux dépens d'un administré... il la saisit avec d’autant plus de plaisir que, les administrés ne laissent jamais échapper l'occasion de prendre leur revanche. Ci ois-moi, laisse là tou orgueil de mari trompé. S'il est vrai que tu sois en droit d'adresser de justes reproches à ta femme... ce que je ne crois pas, prends un parti sage et prudent... pardonne si tu l'aimes... si tu ne l'aimes pas.... séparezvous sans éclat... sans scandale. ..

LE baron. Oui , la séparation , mais après la vengeance.

DUBREUIL. Ronçay. .

le BAnON. Et je cours assurerla mienne.

II tort.

motweM Ü 00 0 tmi^ïïïï n as sso U ns .BO o oo

DIBREU1L, seul.

Pauvre tète sans cervelle!.. 11 n’est occupé qu’à faire son malheur.... et celui d'une femme qu’avec un peu de raison et d'indulgence damait rendue si heureuse ! . .

mnnm nin s «mnnwsws mmuw

Page 1