PONTOIS, LA COMTESSE, CAMILLE DE BRÊ- VISE
Là COMTESSE, en entrant.
Ah! c’est vous, Pontois? Est-ce que vous passez la nuit au château?
PONTOIS
Je n’en avais pas l’inteuiion, madame la comtesse; mais si ces dames ont besoin de moi...
LA COMTESSE
Non! non!... Pontois, comme vous restez a deux pas du château, vous pouvez vous retirer : nous espérons que la nuit sera bonne, et si quelque événement exigeait votre présence, nous vous ferions avertir.
Je me retire, madame la comtesse.
(Il va pour sortir.)
CAMILLE
Ayez surtout bien soin de faire fermer toutes les portes, toutes les fenêtres, monsieur Pontois, car je ne sais pourquoi, mais, dans ce vieux château, je suis toujours toute tremblante.
PONTOIS
Oh ! je puis assurer â mademoiselle que depuis plus de quinze ans que je l’habite...
CAMILLE
Ah I c’est égal, monsieur Pontois , ces grandes pièces noires! ces longs corridors 1 ces immenses
oisées qui remuent toujours...
LA COMTESSE
Tu es folie d’avoir peur ; vois donc Eulalie qui
PONTOIS
est plus jeune que toi et qui cependant reste seule ici toutes les nuits.
Camille, avec dédain.
Oh! maman... ces gens-là l LA COMTESSE.
Ma fille!
PONTOIS, avec sourire.
Mademoiselle a raison, madame la comtesse...
Nous autres gens de rien, ainsi que nos pauvres enfans, nous n’avons pas le droit d’élre superstitieux. (A part.) Petite sotte! elle me déplaît encore plus que sa mère.
LA COMTESSE, bas â sa fille.
Prends donc garde, Camille, il nous faut ici de la prudence avec tout le monde.
PONTOis, â Camille.
Mais sqyez tranquille, mademoiselle; car pour vous rassurer entièrement, je vais prendre le soio de fermer tout cela raoi-méme... (A paru) Ce sera d’ailleurs uu moyen de rentrer plus mûrement... (Haut.) A demain, mesdames...
LA COMTESSE
A demain!...
PONTOIS, sortant.
Ah ( voici M. Gagerot... écoulons...
(Il reste derrière la persienne.)