LES TROIS DOMESTIQUES
Oui, madame. (Ils s’inclinent et sortent.)
M rne DUPLESSIS, se pavanant.
Madame! oui, madame! Comme tout ça vous
EULAL1E PONTOIS.
obéit ! comme tout ça marche ! Il n’y a qu’à dire : allez!... Antoine! Etienne! Baptiste! allez! et ça val... ça va comme sur des roulettes!... Ce que c’est que d'étre intendante générale chez une jeune marquise qui est jalouse, et qui ne s'occupe pas de sa maison ! Ob ! la mort de l’autre m'a fait bien du mal ! J’ai le gloria et le sommeil en horreur, depuis que j’ol été asphyxiée par c’te petite scélérate d’élouffeuse!... Mais c’est égal, c’est elle qui a fait mon bonheur, la voleuse, parce que les Brévisc ont voulu toujours avoir une preuve vivante et parlante de son crime!... J’sois encore une fameuse exemple qu’on n'a pas besoin d'étre belle pour faire sa fortune 1 El si je ne pensais pas toujours à mon ingrate Cornéliel... Mais chut! voilà mes chères bienfaitrices.
LA COMTESSE, arrivant avec Camille.
Eh bien! tout est-il enfin terminé, madame Duplessis?
M®e DUPLESSIS.
Oui, madame la comtesse, je n’ai plus qu’à ranger celte table... Mais si vous désirez ‘que je me retire...
LA COMTESSE
Non, noii !... Gnissez ce que vous avez à faire.
CAMILLE
Et conçois-tu, maman, qu’Arlhur ne soit pas encore de retour?
LA COMTESSE
Mais il est à peine cinq heures et demie, mon enfant, et M. Gagerot vient de nous dire qu’il avait laissé ton mari très occupé chez M. Torcy.
CAMILLE, avec humeur.
Et voilà précisément ce qui me blesse, car tout ce que M. Gagerot nous a raconté de cette mystérieuse beauté...
LA COMTESSE
Comment, ma fille, tu aurais la folie...
CAMILLE
D’être jalouse de M®« Torcy, non certainement! mais ce n’est pas la première fois qu’Arlhur va chez M. Torcy, et jamais cependant il ne nous avait parlé de sa femme.
M®* DUPLESSIS
Mesdames! voilà la voiture de M. le marquis!
CAMILLE
Enfin!
LA COMTESSE
Allons, Camille, de la raison, et point d’humeur qui puisse troubler notre fête.
CAMILLE
i\on, sois tranquille, je saurai me contraindre!
(Le marquis paraît.)