SCÈNE IV
La COMTESSE, CAMILLE, M®« DUPLESSIS.
M** DUPLESSIS , à part, «e rapprochant.
Voyons... ( Haut. ) Si j’osais demander à m dame...
CAMILLE, avec humeur.
Que voulez-vous?
M*® DUPLESSIS, embarrassée.
Madame, c’est que M. le marquis vient de pai 1er d'un peintre...
CAMILLE
Eh bien, après ?
DUPLESSIS
Il a même parlé de deux peintres...
CAMILLE , avec plus d’humeur.
Après! après!
LA COMTESSE
Oui, voyons... que voulez-vous, madame Duplessis?
M®« DUPLESSIS, plus à son aise avec fa comtesse.
Ah! oui !... vous savez bien , vous, madame la comtesse... vous savez, nia fille, que je vousaidit.. mon enfant qui a abandonné sa mère pour rester avec son mari.
LA COMTESSE
Je le sais... Après !...
M®« DUPLESSIS
Mon gendre, vous savez, son mari... c'était un peintre aussi !
24 EULAL1E
CAMILLE
Un peintre 1 Eh bien ?
M“® DUPLESSIS
Eh bien ! je me disais tout à l’heure... pour la retrouver, mon enfant., si madame la marquise voulait interroger ces messieurs...
CAMILLE
Interroger ces messieurs... sur votre fille ?...
M“* DUPLESSIS
Oui... peut-éire que... en leur disant que c’était un beau brin de fille... tenez, tout le portrait que M. le marquis faisait de celte dame...
CAMILLE
Madame Torcy...
Pourquoi pas... car le monstre a changé de nom pour me la cacher, ma Cornélic!..
CAMILLE
Vraiment l. N Et vous ne laves jamais revne?
M ra# DUPLESSIS.
Jamais, au grand jamais!
CAMILLE, A sa mère.
Cela est extraordinaire.» et ce que nous a dit M. Gagerot de la retraite où M. Torcy tient sa femme».
LA COMTESSE
Comment? tu pourrais supposer que la fille de cette femme...
M m. DUPLESSIS.
Elle était si belle, ma Cornélic... Ah! gueux de rapin, va!... peut-on’ déchirer aiusi un cœur de mère âgée?
CAMILLE
Il suffit, madame Duplessis... je verrai... j’interrogerai .. Mais enfin, vous le connaissez, votre gendre?
M*' DUPLESSIS
Eh! non, madame... voilà l’infamie 1... On m’a subtilisé mon consentement pendant une absence que j’ai faite... et puis... bernique... A mon retour, plus de Dubois... plus de Cornélic... C’est de là que j'ai été obligée de me retirer à Montbéliard, mon pays... ahandoonée avec une somme de dix mille francs, que le notaire m’a dit que l’on ne me paierait que là... et c’est peu après que je suis entrée au service de M" e de Soubiran... où ces dames ont eu la bonté...
CAMILLE
Ainsi, vous habitiez Paris autrefois?...
U m° DUPLESSIS.
Oui, madame.
CAMILLE
Et votre fille?
M»* DUPLESSIS
Ohl si elle ne s'était pas enmourachéâ de son méchant rapin... c’est celle-là qui en aurait pu épouser des ducs et des marquis!...
LA COMTESSE
Assez... assez... (Elle bit signe à M“* Duplessis de
PONTOIS
sc retirer.} Camille, tu oublies que tu te compro- I mets par de pareilles questions...
CAMILLE
Vous avez raison... c’est à ces messieurs qu’il faut m’adresser.
DUPLESSIS
Ah! voilà précisément quelqu'un qui arrive.
LA COMTESSB.
Allez... Et toi, Camille, sois prudente.
Uî» DOMESTIQUE.
M. de Torcy! M. Larignanl...
(lu entrent ensemble et saluent.)
DUPLESSIS, à part.
Je reviendrai. f
oooooooeooooooooooooooooooeooooooooooooooooooooo&so