‹ Eulalie Pontois drame en cinq actes, precede d'un prologueChapitre 91 sur 91 · CAMILLE, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

CAMILLE, LA COMTESSE

O ciel I

GACEROT.

Un duel !...

TORCY

Dans un duel!... Ab! madame, elle est au moins innocente de ce crime !...

CAMILLE, au marquis.

Mais dis-moi...

LS MARQUIS

Tu sauras tout, mon amie.

CAMILLB.

Eh bien I qu'elle s'éloigne, qu’elle parle!... Quel que soit sou premier crime, je ne veux pas qu’on puisse croire que le regret d’une fortuue perdue nous ait fait envoyer uue femme à l’échafaud.

TORCY

Oh ! c'est trop de boute et de désespoir 1...

EULALIE, A elle-même.

Et il m’accuse toujours!... (Haut.) Je reste, je reste 1

j LE MARQUIS, A part.

Dieu! (Haut.) Eulalie, songez-y!... l’ordre est donné de vous arrêter.

TORCY

Graud Dieu ! elle est perdue 1

EULALIE

Je reste... Ella loi me tuera, puisque vous n’avez pas voulu me laisser mourir !

TORCY

OU! tais-toil tais-toi, malheureuse!...

LE MARQUIS

Manuel!... vous l’avez condamnée sans l’entendre.

CACEROT.

Hélas 1 moi,j’al voulu long-temps croire à son innocence... mais il faut que justice se fasse.

LA COMTESSE

Oui, ma fille... et ton indulgence est coupable.

LE MARQUIS

Qu'en savez-vous ?...

TOUS

Comment?

EULALIE, allant au marquis.

Mais vous qui me défendez, savez-vous, monsieur, qui je suis?...

LE MARQUIS

Je le sais... et je sais aussi de quel crime vous êtes accusée...

EULALIE

El ce crime, je l'avoue.

LA COMTESSE

Cet aveu même...

LE MARQUIS

L'bonorel (Étonnement de tous.) En ce moment, la vérité se dévoile aux yeux des magistrats ; il faut aussi qu’elle se montre tout culière à nous, A qui elle importe tant; et j’espère qu’elle va sortir de l’épreuve à laquelle on m’a permis de la soumettre.

Cette épreuve ne prouvera que mieux son crime. le marquis.

Vous allez en juger.

TonCY, à part

Obi que va-t-il se passer, mon Dieu?

CACEROT, basaux daines.

Où veut-il en venir?

LE MARQUIS

Répondes, Eulalie, vous êtes accusée d’avoir volé le testament de M«® de Soubiran ?

EULALIE

Oui...

LE MARQUIS

Pourquoi l’aves-vous volé ?

EULALIE

Monsieur...

Parlez !

EULALIE

Parce que... parce qu'il dépouillait l’héritier légitime.

LE MARQUIS

En effet, il dépouillait M. Paul Vermond... Mais alors vous le connaissiez donc, ce testament?... EULALIE, hésitant.

Moi 1

LE MARQUIS

Répondez...

EULALIE

Je le connaissais...

LE MARQUIS

Comment! vous connaissiez le testament, et, par intérêt pour M. Paul Vermond que vous n’aviez jamais vu, vous avez renoncé à la moitié de la fortune de M“® de Soubiran que ce testament vous assurait ?

EULALIE

A moi? à moi?... O ma noble et sainte bienfaitrice 1 du ciel où vous êtes, voyez ma reconnaissance !

LE MARQUIS, bas A tous.

Vous entendez? (Ilaut.) Et vous l’avez assassinée!...

Assassinée!...

EULALIE

Moi I... Qui dit cela ?

TOUS

Vous-mômel

EULALIE, avec désespoir.

C'est vrai... je l’ai dit... c’est moi... (A part.) O mon père 1 (Elle cache sa tête dans ses mains.) LE MARQUIS.

Et ce testament, qu’en avez- vous fait?

EULALIE, hésitant.

Je ne sais pas... je l’ai détruit...

LE MARQUIS

Vous meniez, cor le voici.

TOUS

Grand Dieul

LE MARQUIS

Et vos complices sont découverts... et il en est un qui vous accuse....

EULALIE

Qui cela? Mais qui donc ose m'accuser?

LE MARQUIS

Celui & qui vous avez remis le testament... Denneville.

Lui, le misérable ! lui qui a égaré mon pèrel TOUS.

Son père I

LE MARQUIS, bas A tOUS.

Vous entendez?

EULALIE

Ab ! par grâce ! par pitié I laissez-moi I... Je suis folle... Mon père est innocent... Je suis coupable... il n'y a que moi de coupable... Mais tuez-moi doue tout de suite!

LE MARQUIS, avec le pins vif élan.

Mais si cet iofàmc n’était pas votre père!...

EULALIE

Que dites-vous?

TORCY Ct TOUS.

Que dit-il?...

LE MARQUIS

La vérité, Eulalie! (A tous.) La vérité!...

EULALIE

Vous me trompez !

le Marquis.

Tenez, Eulalie... le testament renfermait cette lettre... elle est pour vous...

De ma bienfaitrice i

le marquis.

C'est la preuve de ce que je viens de vous dire...

EULALIE, avec effusion.

O mon Dieu I vous avez donc eu pitié de moi !

LE MARQUIS, A tous.

Toutes les pièces qui élablisseul ton innocence sont aux mains des juges, et leur conviction est déjà formée... Et maintenant , l'accusercz-vous encore ?

CAMILLE

Maintenant, il faut l’admirer I

TORCY, A part, accablé.

El moi, j'ai pu l'outrager I...

EULALIE, qui, pendant ces diverses exclamations, «lu

la lettre de M me de Soubiran, achevant de lire.

« Adieu, ma fille 1... (Bas.) Garde mou se-

cret... ct pardonne-moi... » (Parlant.) Lui pardonner I

LE MAnQUIS, bas.

Ce sont les adieux de ta mère, Eulalie I...

EULALIE

Ma mère!... O monsieur, soyez béni !... Maintesnanl, c’est trop de bonheur!... Mais n’esl-il pas A nous deux. Manuel?...

TORCY, éperdu.

Anlonie!... Oh! mais non, repoussez-moi !...

mandissez-moi !... Je n’ose plus vous regarder...

’Ogle

Di

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