CAMILLE, LA COMTESSE
O ciel I
GACEROT.
Un duel !...
TORCY
Dans un duel!... Ab! madame, elle est au moins innocente de ce crime !...
CAMILLE, au marquis.
Mais dis-moi...
LS MARQUIS
Tu sauras tout, mon amie.
CAMILLB.
Eh bien I qu'elle s'éloigne, qu’elle parle!... Quel que soit sou premier crime, je ne veux pas qu’on puisse croire que le regret d’une fortuue perdue nous ait fait envoyer uue femme à l’échafaud.
TORCY
Oh ! c'est trop de boute et de désespoir 1...
EULALIE, A elle-même.
Et il m’accuse toujours!... (Haut.) Je reste, je reste 1
j LE MARQUIS, A part.
Dieu! (Haut.) Eulalie, songez-y!... l’ordre est donné de vous arrêter.
TORCY
Graud Dieu ! elle est perdue 1
EULALIE
Je reste... Ella loi me tuera, puisque vous n’avez pas voulu me laisser mourir !
TORCY
OU! tais-toil tais-toi, malheureuse!...
LE MARQUIS
Manuel!... vous l’avez condamnée sans l’entendre.
CACEROT.
Hélas 1 moi,j’al voulu long-temps croire à son innocence... mais il faut que justice se fasse.
LA COMTESSE
Oui, ma fille... et ton indulgence est coupable.
LE MARQUIS
Qu'en savez-vous ?...
TOUS
Comment?
EULALIE, allant au marquis.
Mais vous qui me défendez, savez-vous, monsieur, qui je suis?...
LE MARQUIS
Je le sais... et je sais aussi de quel crime vous êtes accusée...
EULALIE
El ce crime, je l'avoue.
LA COMTESSE
Cet aveu même...
LE MARQUIS
L'bonorel (Étonnement de tous.) En ce moment, la vérité se dévoile aux yeux des magistrats ; il faut aussi qu’elle se montre tout culière à nous, A qui elle importe tant; et j’espère qu’elle va sortir de l’épreuve à laquelle on m’a permis de la soumettre.
Cette épreuve ne prouvera que mieux son crime. le marquis.
Vous allez en juger.
TonCY, à part
Obi que va-t-il se passer, mon Dieu?
CACEROT, basaux daines.
Où veut-il en venir?
LE MARQUIS
Répondes, Eulalie, vous êtes accusée d’avoir volé le testament de M«® de Soubiran ?
EULALIE
Oui...
LE MARQUIS
Pourquoi l’aves-vous volé ?
EULALIE
Monsieur...
Parlez !
EULALIE
Parce que... parce qu'il dépouillait l’héritier légitime.
LE MARQUIS
En effet, il dépouillait M. Paul Vermond... Mais alors vous le connaissiez donc, ce testament?... EULALIE, hésitant.
Moi 1
LE MARQUIS
Répondez...
EULALIE
Je le connaissais...
LE MARQUIS
Comment! vous connaissiez le testament, et, par intérêt pour M. Paul Vermond que vous n’aviez jamais vu, vous avez renoncé à la moitié de la fortune de M“® de Soubiran que ce testament vous assurait ?
EULALIE
A moi? à moi?... O ma noble et sainte bienfaitrice 1 du ciel où vous êtes, voyez ma reconnaissance !
LE MARQUIS, bas A tous.
Vous entendez? (Ilaut.) Et vous l’avez assassinée!...
Assassinée!...
EULALIE
Moi I... Qui dit cela ?
TOUS
Vous-mômel
EULALIE, avec désespoir.
C'est vrai... je l’ai dit... c’est moi... (A part.) O mon père 1 (Elle cache sa tête dans ses mains.) LE MARQUIS.
Et ce testament, qu’en avez- vous fait?
EULALIE, hésitant.
Je ne sais pas... je l’ai détruit...
LE MARQUIS
Vous meniez, cor le voici.
TOUS
Grand Dieul
LE MARQUIS
Et vos complices sont découverts... et il en est un qui vous accuse....
EULALIE
Qui cela? Mais qui donc ose m'accuser?
LE MARQUIS
Celui & qui vous avez remis le testament... Denneville.
Lui, le misérable ! lui qui a égaré mon pèrel TOUS.
Son père I
LE MARQUIS, bas A tOUS.
Vous entendez?
EULALIE
Ab ! par grâce ! par pitié I laissez-moi I... Je suis folle... Mon père est innocent... Je suis coupable... il n'y a que moi de coupable... Mais tuez-moi doue tout de suite!
LE MARQUIS, avec le pins vif élan.
Mais si cet iofàmc n’était pas votre père!...
EULALIE
Que dites-vous?
TORCY Ct TOUS.
Que dit-il?...
LE MARQUIS
La vérité, Eulalie! (A tous.) La vérité!...
EULALIE
Vous me trompez !
le Marquis.
Tenez, Eulalie... le testament renfermait cette lettre... elle est pour vous...
De ma bienfaitrice i
le marquis.
C'est la preuve de ce que je viens de vous dire...
EULALIE, avec effusion.
O mon Dieu I vous avez donc eu pitié de moi !
LE MARQUIS, A tous.
Toutes les pièces qui élablisseul ton innocence sont aux mains des juges, et leur conviction est déjà formée... Et maintenant , l'accusercz-vous encore ?
CAMILLE
Maintenant, il faut l’admirer I
TORCY, A part, accablé.
El moi, j'ai pu l'outrager I...
EULALIE, qui, pendant ces diverses exclamations, «lu
la lettre de M me de Soubiran, achevant de lire.
« Adieu, ma fille 1... (Bas.) Garde mou se-
cret... ct pardonne-moi... » (Parlant.) Lui pardonner I
LE MAnQUIS, bas.
Ce sont les adieux de ta mère, Eulalie I...
EULALIE
Ma mère!... O monsieur, soyez béni !... Maintesnanl, c’est trop de bonheur!... Mais n’esl-il pas A nous deux. Manuel?...
TORCY, éperdu.
Anlonie!... Oh! mais non, repoussez-moi !...
mandissez-moi !... Je n’ose plus vous regarder...
’Ogle
Di