SuppL
gémissements des femmes, s'il n'avait recherché le contraste de cette jeunesse et de cet âge mûr confondus dans l'expression d'une même douleur, l'effet pathétique de cette scène eût été moins puissant.
Le rôle du jeune Molossos dans VAndromaque est plus dramatique encore. Molossos est l'enfant que la veuve d'Hector a eu de Néoptolème, dont elle a été forcée, après la prise de Troie, de partager le lit. Cet enfant est poursuivi, comme sa mère, par la haine jalouse d'IIermione, femme légitime de Pyrrhos. Celle-ci, pendant une absence du maître, veut faire périr sa rivale et son fils avec elle. Instruite de ses desseins, Andromaque a caché Molossos, et elle s'est réfugiée dans un sanctuaire, au pied de l'autel de Thétis. Sur ces entrefaites, Ménélas, qui est de complicité avec sa fille et qui a découvert la retraite de l'enfant, vient trouver la mère et lui propose la plus cruelle des alternatives : « Si tu meurs, dit-il, ton enfant vivra ; si tu refuses de mourir, je le tuerai. Il faut que l'un de vous deux perde la vie *. » Andromaque cédera à l'instinct maternel. Elle expose dans de très beaux vers les raisons qu'elle a de mourir pour faire vivre son fils, et elle se livre à ses ennemis. Mais ce n'était là qu'une ruse odieuse de Ménélas pour arracher Andromaque à la protection des dieux. A peine est-elle entrée dans le palais, qu'on l'en voit ressortir, les mains liées, avec son enfant à côté d'elle, condamné comme elle. Alors s'engage entre cette mère et ce fils qui vont mourir un court dia-