‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 24 sur 341 · Fragm · texte numérisé non relu

Fragm

2. Celte interprétation remonte à Denys d'Halicarnasse (Rhét., VIII, 10). Si elle était exacte, comment expliquer qu'Euripide fasse exposer priciséinent à Mélanippe une doctrine qui, comme nous le Terrons plus loin, est autre que celle d'Anaxagoro?

vieux përc, qui cependant supporta courageusement ce malheur*. Ce père si vaillant contre la douleur ne serait autre qu'Anaxagore, qui, à la nouvelle de la mort de son fils, aurait répondu héroïquement : « Je savais que j'avais engendré un être mortel*. Mais Anaxagore a-t-il réellement tenu ce propos? Le doute est permis, puisqu'une réponse analogue est attribuée, avant lui, à Solon, après lui, à Xénophon^ Ce mot stoïque ne doit-il pas être mis au nombre de ces sentences célèbres, de ces àpophthegmes qui, pour avoir été longtemps en circulation, étaient devenus anonymes, bien que les compilateurs grecs eussent la prétention d'en connaître la source? Rien ne démontre que ce soit à Anaxagore qu'il faille en faire honneur. En revanche, nous conviendrons volontiers qu'un autre passage d'Euripide peut faire penser au philosophe : c'est celui où le poète, par Torgane de Médée, insiste sur les dangers que la science fait courir à ses adeptes. « Gardez-vous, dit-il, de donner à vos enfants une instruction trop profonde: on les accusera d'être des désœuvrés; ils seront suspects. Si vous apportez au vulgaire une sagesse nouvelle, on vous considérera comme un homme inutile ; étant supérieur aux autres, vous deviendrez gênant*. » Rien n'empêche de reconnaître dans ce philosophe gênant Anaxagore, qui, à l'époque où fut jouée la Médée j en 431, venait d'être forcé de s'exiler, ou qui tout au

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