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elle veut donner un caractère d'obligation sacrée : elle la fait ratifier par un serment. Adraste devra jurer que « jamais les Argiens ne porteront la guerre sur le territoire des Athéniens, et que, si d'autres ennemis Tenvahissent, ils les repousseront par la force des armes » . La cérémonie du serment sera accompagnée de sacrifices dont la déesse règle les plus minutieux détails. Elle se tourne ensuite vers les enfants des guerriers morts, vers ceux qu'on appellera plus tard les Épigones, et elle leur annonce (c'est en effet une révélation plutôt qu'un ordre) qu'un jour, arrivés à l'âge d'homme, ils iront, pour venger leurs pères, détruire Thèbes*. Ainsi la haine des Argiens contre les Thébains et leur amitié pour Athènes sont également placées sous la garde d'une autorité divine. Le caractère particulier des Suppliantes^ qui est une pièce toute politique, explique et justifie ces prévisions d'avenir, qui ne pouvaient être mieux placées que dans la bouche de la grande divinité protectrice d'Athènes.
Cette même divinité se montre à la fin deT/ow, où on ne l'attendait pas. On est à Delphes : il eût été juste que le dieu de Delphes, qui est l'auteur de l'intrigue du drame, se présenta t au dénouement pour répondre de tout et pour tout régler. Mais Apollon, dont la conscience n'est point tranquille, n'a pas voulu paraître lui-même, de peur qu'on lui reprochât publiquement les faiblesses de son passé*. Athèna vient à sa place. C'est elle qui confirme au jeune Ion