‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 40 sur 341 · Phén., 469-72. Cf. Archélaos, fr · texte numérisé non relu

Phén., 469-72. Cf. Archélaos, fr

ces débats contradictoires qui s'engagent entre deux acteurs du drame, plaidant tour à tour leur cause devant un troisième personnage qui joue le rôle de juge. Les Athéniens étaient ravis de voir sur la scène cette image des querelles de leurs tribunaux. Ils se passionnaient pour les plaidoyers d'Hécube et de Polymestor en face d'Agamemnon*, pour ceux d'Jolaos et de Copreus en présence de Thésée ' : dans les Troyennes, ils attendaient curieusement comment Ménélas déciderait entre Hécube, qui accuse, et Hélène, qui se défend '. De pareilles scènes dont Euripide n'a pas eu seul l'idée, mais qu'il a traitées avec une complaisance particulière, s'expliquent naturellement par le goût du public d'alors, sans qu'il faille en attribuer la conception à l'influence des sophistes. Cette influence se reconnaît ailleurs. Elle n'est pas douteuse dans ces singulières controverses où le poète s'amuse à faire soutenir à deux de ses personnages le pour et le contre sur un même sujet; où, par leur bouche, il développe deux thèses qu'il oppose l'une à l'autre : véritables déclamations, intercalées mal à propos dans le dialogue dont elles gênent le mouvement et interrompent la marche.

De ce genre est la discussion de Lycos et d'Amphitryon sur la valeur de l'arc: le premier affirmant que les lâches seuls s'en servent, le second faisant ressortir les avantages d'une arme qui permet de ne jamais manquer de traits et de tenir à distance Ten-

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