Clem. Alex., Slrom., IV, p. 642 {Fragm,, 911, Nauck
quand il fait de l'éther « la chambre de Jupiter* ». Mais Euripide, philosophant, tient un langage tout différent. On s'aperçoit bien vite que, pour lui, l'habitant de Téther se confond avec sa demeure, que Téther et Zeus ne font qu'un. C'est ce que démontrent les témoignages les plus formels. On lit dans un fragment : « 0 jeune fille, tu as été engendrée par Téther, à qui les hommes donnent le nom de Zeus *. » — Le dieu suprême est, d'après Euripide, l'éther transparent qui enveloppe la terre, dit Cornutus' songeant sans doute aux beaux vers traduits par Cicéron : « Tu vois cet éther, qui s'étend à l'infini dans les hauteurs célestes, et qui embrasse la terre de ses fluides étreintes. C'est Zeus, crois-le; c'est le dieu, sois-^en persuadé*. » Euripide dépouille donc Jupiter de sa personnalité divine pour ne voir en lui qu' un nom de l'éther^ et pour le transformer en un élément essentiel de la nature. Tel est, en effet, le rôle qui lui est attribué dans un fragment, déjà cité, du Chrystppos, où tous les êtres sont représentés comme ayant dû leur naissance à l'union de deux principes dont l'un est la Terre, l'autre « l'Éther de Zeus* », c'est-