‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 116 sur 351 · Livre X, vers · texte numérisé non relu

Livre X, vers

l'instruction % l'esprit; mais seule la femme légitime permet au citoyen de se mettre en règle avec l'Etat, à qui il doit des enfants. « Etre marié, dit Démosthène, c'est avoir des enfants, pour faire entrer ses fils dans les phratries et dans les dèmes et pour donner ses filles en mariage à des hommes. Nous avons des hétaïres pour le plaisir... Nous' avons des femmes pour qu'elles nous donnent des enfants légitimes et pour qu'elles soient les fidèles gardiennes de notre intérieur^ .» La femme dont le rôle est ainsi limité à deux fonctions déterminées, la mise au monde des enfants et le gouvernement du ménage, la femme athénienne à qui l'usage et les convenances imposent de ne se montrer en public que le plus rarement possible, devait être, à ce qu'il semble, bien peu gênante pour l'Athénien, dont toutes les journées se passent au dehors. Pourquoi donc se plaint-il d'elle? Il se plaint parce qu'il a la prétention d'être le maître absolu chez lui, et que celle qui partage sa demeure est quelquefois assez indiscrète pour avoir des volontés propres; il se plaint parce qu'il voudrait que la mère de ses enfants fût exempte de toute imperfection, et qu'elle a toujours des défauts, quelquefois des vices, qui lui viennent soit de la nature, soit de l'éducation. Euripide va nous dire quels sont ces défauts et quels sont ces vices.

A l'en croire, et il se fait sans doute l'interprète

1. « On trouverait à peine une femme entre mille, dit le chœur de la Médée (v. 1088), qui ne soit pas étrangère aux Muses. » On suppose généralement que c'est une allusion à Aspasie.

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