‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 137 sur 351 · Iphigénie à Aulis, 446 et suiv · texte numérisé non relu

Iphigénie à Aulis, 446 et suiv

(ejyévsia) lui paraît chose absolument vaine*. Les grandes familles de Grèce cherchaient à justifier leur noblesse en se donnant comme premier père un dieu ou un héros. Le poète n'est pas dupe de pareilles fables, et il détruit sans pitié chez les autres ces illusions ou ces prétentions. Ce qu'il place à l'origine des familles, ce n'est pas un dieu ou une déesse : c'est une mère commune, la Terre, qui a donné à tous, ditil, la môme forme, si bien qu'aucun des hommes n'a rien qui lui soit particulier, que « nobles et non nobles, nous sommes tous de la même race^ ». A ses yeux, la noblesse, telle que le vulgaire l'entend, n'a d'autre origine et d'autre fondement que la richesse. C'est parce que la richesse a fait un long séjour dans certaines maisons qu'elles sont devenues nobles avec le temps ^. Or, quelle est la valeur morale de la richesse? Tandis que la pauvreté tend tous les ressorts de l'énergie humaine, le luxe est une école de mollesse et de lâcheté ; tandis que le besoin excite et avive l'intelligence du pauvre, le riche semble condamné à la médiocrité d'esprit *. On prévoit la conclusion du poète. La noblesse ne consiste ni dans la richesse ni dans la prétention à d'illustres aïeux. Le noble, c'est l'honnête homme (£<7e>.<5<;) ; l'homme malhonnête n'est

1. Cela ne peut empêcher évidemment certains do ses personnages de vanter les avantages de l'e-jyéveta (/no, fr. 405, Nauck^. Téménides, fr. 739) et de considérer la 8u<TYévEta comme une tache {Péliades, fr. 617).

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