Schol. Oresle
séparait, pour de si excellents motifs, par de tels intervalles avaient été en réalité jouées la même année et présentées au môme concours'. Un tel exemple est fait pour inspirer une sage réserve. C'est dans ce sentiment que nous aborderons, à notre tour, la question ^
Il était arrivé à Eschyle et à Sophocle de vanter la démocratie, d'opposer le régime de liberté qui était celui d'Athènes au régime oligarchique ou à la tyrannie qui pesaient sur d'autres peuples. En cela, ils n'obéissaient pas, on aime à le croire, à un calcul; ils ne voulaient point se faire applaudir, mais inspirer au peuple confiance en lui-même et dans les institutions qu'il s'était données. L'expression de ce sentiment est cependant assez rare chez eux : elle est plus fréquente chez Euripide. Qu'on ne se laisse pas abuser ici par des apparences de contradictions . On lit bien dans un fragment ÔL^Antiope que « la résolution éclairée d'un seul homme triomphe de milliers de bras et que l'ignorance est le grand mal de lafoule^». Mais ce fragment, qui faisait partie d'un débat contradictoire, a été détaché d'une thèse qui avait pour objet de glorifier la puissance de l'esprit et de proclamer sa supériorité sur la force brutale du corps.