Acharn
Tydée et pendant une absence de son petit-fils Diomède, parti en expédition contre les Thébains, se voit arracher la royauté par les fils de son frère Agrios. Chassé du palais et de la cité, dépouillé de tout, ce roi est réduit à aller de porte en porte mendier son pain, jusqu'au jour où il sera vengé par Diomède et rétabli par lui dans ses honneurs*. Chez le roi dé Mysie, ce Téléphos qui a tant égayé Aristophane, la misère était surtout un déguisement. Par ce qui reste de la tragédie dont il était le héros, on voit qu'en rentrant à Argos, son pays natal, il avait intérêt à ne point se faire connaître : « 11 faut, disait-il, que j'aie l'apparence d'un pauvre; je serai ce que je suis, mais je ne dois pas le paraître^. » Téléphos arrivait donc sur la scène accoutré en pauvre diable. Aristophane nous décrit cet accoutrement : pour vêtement, des haillons; sur la tête, un bonnet mysien; à la main droite, un bâton de mendiant; au bras gauche, un petit panier avec un petit pot de terre et une écuelle ébréchée^ D'autres rois encore du théâtre d'Euripide se présentent faits comme des misérables. Ménélas, naufragé sur la côte
\. Schol. Aristoph., Acharn., 418. Hygin, Fab., 175, raconte l'histoire un peu autrement. D'après lui, c'est Agrios lui-même qui chasse Œneus et s'empare de la royauté. Diomède, de retour de Troie, tue Lycopeus, fils d'Agrios, auquel il enlève le trône pour le rendre à son aïeul. A la suite de ces événements, Agrios se donne la mort. — La version du scholiaste, qui pouvait connaître la pièce d'Euripide, est peut-être préférable.