‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 228 sur 351 · Tatien {Oral. ad. Grxc, 24, p. 100), qui nomme Euripide · texte numérisé non relu

Tatien {Oral. ad. Grxc, 24, p. 100), qui nomme Euripide

donne sa fille en mariage. Alcmaeon fait cadeau du collier de sa mère Eriphyle à sa jeune épouse, auprès de laquelle il espère avoir enfin trouvé le repos. Mais les dieux ne sont pas encore apaisés. Alcmseon ne tarde pas à être repris de son mal, et le pays d'Arcadic, où il s'est réfugié, est frappé, à cause de lui, de stérilité. La Pythie consultée répond que le meurtrier doit quitter l'Arcadie, et qu'il ne cessera d'être poursuivi par l'Erinys vengeresse que sur une terre nouvellement sortie des eaux. Alcmwon, après avoir longtemps erré, arrive enfin aux atterrissements formés par les bouches de l'Achéloos, où il s'établit et où il épouse la fille du fleuve. Celle-ci déclare à son mari qu'elle n'habitera pas avec lui s'il ne lui donne le collier d'Eriphyle. Pour satisfaire le caprice de sa nouvelle femme, Alcmaîon ira reprendre le cadeau qu'il avait fait à la première . Il retourne à Psophis et annonce faussement au roi qu'Apollon lui promet sa guérison, à la condition que le collier d'Eriphyle soit consacré dans le sanctuaire de Delphes. Phègeus ajoute foi à ses paroles et lui donne le collier. Mais Alcmœon est trahi par un esclave, qui révèle au roi ses véritables intentions : bientôt il tombe dans une embuscade qui lui a été tendue par les fils de Phègeus, et il y périt*. Telle était la fable de V Alcmaeon à Psophis. Que d'aventures dans cette fable ! Et combien on est loin de l'action simple, presque élémentaire, des Euméïiides d'Eschyle!

La fable de Mélanippe enchaînée est encore plus

1. Apollod., m, 7, 5. Pausan., VIII, 24, 8-10, Le récit d'Hygin, Fafj., 73, ne contient que les antécédents de l'action dramatique.

riche en événements ; c'est un véritable roman. Ce roman fait suite à l'histoire de Mélanippe la philosophe, que nous avons précédemment analysée ' . Le vieux roi ^Eolos, pour punir sa fille de la faute qu'elle a commise, lui a fait crever les yeux et l'a enfermée. En même temps il lui a enlevé ses enfants et il a ordonné qu'ils soient exposés dans la campagne, oh ils deviendront la pâture des bêtes fauves. Les fils de Poséidon échappent aux dangers qui les menaçaient : ils sont allaités par une vache et recueillis par des bergers. Quelque temps après, une reine du nom de Théano, que son époux Métapontos voulait répudier parce qu'elle n'avait pas d'enfant, se fait apporter les deux jumeaux, qu'elle donne comme siens, et elle les élève. Mais plus tard Théano devient enfin mère de deux enfants. Quand ils ont grandi, elle ne veut pas que l'héritage de la royauté soit assuré à des étrangers au détriment de ses vrais fils. Elle révèle donc un jour à ceux-ci que les enfants avec qui ils ont été élevés ne sont pas leurs frères, et elle les engage à se débarrasser d'eux, en les tuant dans une partie de chasse. Une lutte s'engage entre les fils de Théano et les fils de Mélanippe ; mais ce sont ces derniers qui ont l'avantage. Ils frappent mortellement leurs adversaires, dont on rapporte les cadavres au palais*. A cette vue, Théano, désespérée, se perce le cœur d'un couteau de chasse. Cependant les deux

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