‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 259 sur 351 · Alcesle, éd. Prinz, p. 4, 1. H · texte numérisé non relu

Alcesle, éd. Prinz, p. 4, 1. H

' place d'un drame satyrique', ne peut être acceptée sans contrôle. En ce qui concerne Y Or este., elle n'est pas complètement exacte. Il y a en effet, vers la fin du drame, une catastrophe, qui est le meurtre d'Hélène. Cette catastrophe dont la victime va bientôt être transportée dans l'Olympe, ne nous émeut pas sans doute bien vivement; mais elle suffit pour que le dénouement ne puisse être considéré comme tout à fait joyeux. Il est vrai qu'Oreste doit épouser Hermione, et Pylade, Electre ; mais ces deux mariages, arrangés et annoncés par Apollon, sont encore dans l'avenir ; ils ne terminent point la pièce dans le présent. D'autre part, ce qui de la tragédie (ÏAlceste se rapproche de la comédie ou plus exactement tlu drame satyriquc, c'est seulement la scène bachique où ligure Hercule ; ce n'est pas le dénouement, qui est merveilleux, et n'a rien de la comédie.

On peut affirmer également qu'Aristophane de Byzance commet une grave erreur quand il paraît croire que la tragédie exclut les dénouements heureux. Aristote avait dit que les dénouements malheureux sont les plus conformes à l'essence de l'art tragique, ceux qui, dans les concours et sur la scène, produisent le plus d'effet^; il n'avait pas été jusqu'à

1. M. Weil, dans sa notice sur Oreste (Sept Tragédies (TEuj'Ipide, . p. 676-677), fait remarquer, entre autres raisons, que les drames sa-

tyriques ou les pièces qvii en tenaient lieu comme V A Ices le, étaient de peu d'étendue et n'exigeaient, pour être jouées, que le concours de 1 deux acteurs. « Au contraire, dit-il, Oreste est une des pièces les I plus longues d'Euripide, et le poète y a fait un large usage des trois I acteurs, dont le règlement de la fétc l'autorisait à se servir dans les 1 tragédies proprement dites. »

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