Vers
Grecs ou barbares, devait, à ce qu'il semble, exciter l'indignation des femmes de Phthie. Mais Ménélas est un prince à ménager. Le chœur fera donc seulement cette réflexion qu'il n'est pas bon qu'un homme ait deux femmes et des enfants de deux femmes ; et, parti de là, il se laissera entraîner à exposer les inconvénients qu'a en toutes choses la dualité (deux tyrans valent moins qu'un pour diriger un État; deux poètes, rivaux, se disputent; deux pilotes au gouvernail d'un navire, le navire marche mal, etc.). Quand cet ingénieux développement s'arrête enfin*, on est tout étonné du chemin qu'on a parcouru à sa suite, bien loin d'Andromaque.
Le chœur ne se montre pas moins prudent dans le chant qui suit la querelle de Pelée et de Ménélas 2; si prudent, qu'on se demande à qui, dans la première strophe, où sont vantés les avantages de la noblesse, il peut faire allusion. Il est vrai qu'il s'enhardit ensuite jusqu'à laisser entendre, à mots très couverts, que la violence de Ménélas ne lui plaît guère et que la conduite de Pelée a son approbation : encore faut-il pour cela interpréter sa pensée, car, en exaltant Pelée, ce qu'il célèbre de lui ce n'est point sa courageuse intervention dans la crise présente, ce sont ses exploits héroïques du temps passé.
Le quatrième stasimon ne diffère pas des trois autres. Les menaces qu'Oreste vient de proférer contre Néoptolème en lui enlevant sa femme, pour-