Die Tanzkunst des Euripides, Leipzig, Teubner
3. Le caractère iinitatif de l'hyporchème, originaire de Crète (Simonidc de Céos, fr. 31 Kpr,Tâ lAtv xaXéoiat Tpôitov) est atteste par plus d'un texte. Athénée, I, la d. t) TOiavnrj op/ïiai; |iii|iri(iiî tûv ûiib T>,; /sÇew; èp|XYjveuo|j.iv(>>v «payiAdcTuv. Plutarquc, Propos de table, XI, la, 12, etc.
en mouvement, les bras et les mains s'agitent, les voix chantent. Cette joie que provoquent des événements heureux peut devenir très dramatique. Sophocle a eu soin de placer ses hyporchèmes immédiatement avant un malheur ', ou avant la menace d'une catastrophe *. Cet effet de saisissant contraste a rarement été recherché par Euripide % qui en imagine un tout différent. Dans V Electre, c'est après le meurtre d'Égisthe, dans Hercuie, après celui de Lycos, dans les Bacchantes, après la mort de Penthée sur le Cithéron, que le chœur, au risque de paraître impitoyable, se met à danser. Les victimes de ces catastrophes ne méritent sans doute aucune commisération et leur chute est une occasion de triomphe pour le personnage principal dont le chœur partage les sentiments. Cependant ces éclats de joie sauvage, non loin d'un cadavre que l'on ne voit pas encore, mais que l'on verra bientôt sur la scène, ont quelque chose de violent et de heurté qui trahit un art moins habile que celui de Sophocle. Mais Euripide n'a point abusé de ce moyen, puisque, dans tout son théâtre, on trouve seulement trois ou quatre courts hyporchèmes. Leur petit nombre ne permet pas de les rapprocher utilement de ceux de Sophocle, auxquels ils ressemblent beaucoup pour le ton comme pour le rythme *.
1. Trachiniennes, 205-22i; Antigone, H15-1154, invocation à Bacchus, qui est bien un hyporchème, comme l'établit Muft", otiv. cit. p. 116. Ces hyporchèmes tiennent la place d'un stasimon : ils séparent deux épisodes.