‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 347 sur 351 · Plutarque, Mor., p. 795 d · texte numérisé non relu

Plutarque, Mor., p. 795 d

corde à la cithare — musicien réaliste préoccupé d'effets imitatifs, qui faisait entendre des bruits de tempête ou des cris de femme en mal d'enfant'; génie hardi qui opéra une vraie révolution ,dans son art, car il se vantait d'avoir chassé la Muse d'autrefois, de même que Jupiter avait détrôné Cronos^, — est sans doute beaucoup plus jeune qu'Euripide qui ne l'a connu. que dans les dix ou douze dernières années de sa carrière ^ Mais qu'importe? L'anecdote racontée par Plutarque n'en est pas moins significative. Si Euripide n'a subi que tardivement l'influence de Timothée, il n'a pu échapper sans doute à l'action du maître de celui-ci, Phi-ynis de Mitylène, ni aux exemples de Philoxène de Cythère. La structure rythmique de ses monodies montre qu'il embrassa résolument le parti des novateurs. Cette musique qu'il aimait, à laquelle il s'attacha parce qu'elle était plus souple, plus expressive, plus passionnée que l'ancienne, devait donc expliquer aux Grecs une partie des caractères comme des défauts de ses chants lyriques.

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