Hécube
ment ceux qui possèdent les recettes de cet art, mais leur habileté ne saurait se soutenir jusqu'au bout ^ » Comme Socrate, Euripide ddplore ailleurs les funestes effets de la vaine rhétorique, des « trop beaux discours », qui ne visent qu'à flatter les oreilles, sans souci delà vérité et du bien^ Il veut que l'éloquence soit honnête, qu'elle ne serve jamais à embellir des actions honteuses '. Eschyle avait dit avant lui * que le langage de la vérité est simple. Il ajoute que « les choses justes n'ont pas besoin d'interprétations subtiles et qu'elles portent leur force avec elles, tandis que la cause injuste (àSixo; lôyo;), malade en ellemême, a besoin des remèdes de l'art » ^ Cet art qui s'emploie à triompher du vrai, lui paraît méprisable. Les belles théories des sophistes, avec leurs moyens mfaillibles d'assurer à I'-^ttwv lôyoc. la victoire sur le xpEiT'wv, ne l'ont donc point séduit, et il insinue à son public que nul ne doit s'y laisser prendre.
La contagion de cette rhétorique dont il n'est pas dupe l'a* cependant gagné à son insu. Soit qu'il ait réellement trop fréquenté les sophistes, soit qu'il y eût entre son esprit et celui des meilleurs d'entre eux de naturelles affinités, on rencontre chez lui, à partir surtout des premières années de la guerre du Péloponèse, des procédés oratoires qui rappellent l'art des Gorgias et des Protagoras. Je ne veux point parler de