‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 44 sur 351 · C. Muller, Fragm. hisl. gr., I, p · texte numérisé non relu

C. Muller, Fragm. hisl. gr., I, p

^ frappé de l'invraisemblance de la légende d'Hercule

( en Egypte ; il se refuse à croire que des colombes à

I voix humaine aient fondé l'oracle de Dodone ; le dé-

/ filé de Tempe ne lui parait pas l'œuvre de Poséidon,

\ mais celle d'un tremblement de terre ', Les philoso-

\ phes sont beaucoup plus hardis. Xénophane d'Elée,

bien avant Protagoras, avait dit qu'on ne peut rien

savoir, qu'on ne saura jamais rien de certain au sujet

des dieux 2, Quand il reproche aux Grecs de prêter à

\ leurs dieux la forme et les passions humaines, il s'at-

\ taque au principe même de leur religion. Quand il

\ déclare qu'à ses yeux la divinité est éternelle, une et

immuable, il inaugure une théologie nouvelle, qui

est la négation de l'ancienne. Empédocle, choqué de

ce qu'il entendait raconter sur le compte des dieux,

veut que l'on parle bien d'eux et que l'opinion qu'on

en a ne soit point obscurcie par l'erreur des préjugés ='.

Anaxagore, s'il n'attaque pas en face la foi populaire,

; la ruine en dessous, puisqu'il substitue à l'antique

cosmogonie des explications neuves sur l'origine des

choses. Son Noi3ç, dont l'impulsion première a tout

ordonné, ne laisse rien à faire, pour l'organisation

du monde, à Cronos ni à Jupiter, et réduit à néant,

dans la vie constante de la nature, l'intervention des

dieux multiples.

Mais ni Xénophane, ni Empédocle, ni Anaxagore ne s'adressaient à la foule : l'esprit de doute, pour se

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