‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 57 sur 351 · Hercule, 1314 et suiv · texte numérisé non relu

Hercule, 1314 et suiv

nymphe du pays, ou bien encore à la fille ou à la femme d'un premier roi, et que de cette union étaient nés de glorieux enfants. Le plus grand des habitants de l'Olympe, Jupiter, était d'ordinaire le héros de ces aventures que l'on jugea pendant longtemps fort honorables pour les pays qui en avaient été le théâtre, jusqu'au jour où d'austères moralistes et des esprits peu bienveillants, comme celui d'Euripide, s'avisèrent d'y voir du mal. Notre poète ne laisse-t-il pas entendre que l'histoire de la naissance d'Hercule, loin de l'émerveiller, le choque, et n'entreprend-il pas de venger ce pauvre Amphitryon en mettant dans sa bouche de violentes invectives à l'adresse de Jupiter? « 0 Zeus, tout mortel que je suis, je te surpasse en vertu, toi, dieu puissant. Moi, je n'ai pas abandonné les enfants d'Héraclès; toi, tu as su t'introduire furtivement dans ma couche, t'emparer, sans permission aucune, de la femme d'autrui, et tu ne sais pas sauver ceux qui te sont chers! *» Il est permis de conjecturer que Jupiter n'était pas plus ménagé dans cette tragédie perdue d'Alcmène dont une peinture de vase nous apprend quelque chose, et les plaintes discrètes que, dans les Héraclides, la femme d'Amphitryon exprime au sujet de son amant divin* contiennent, sous une forme atténuée, un cruel

1. Ilerc. 339-347. C'est dans un sens analogue qu'Amphion (fragments nouveaux d'Antiope. Mahaffy, lUrmathèna, n» M) fait la leçon à Jupiter, son père : « N'aie garde, après avoir joui des douceurs de 1 hymen, d'abandonner les enfants que tu engendras. Cela te ferait peu d'honneur; tu dois secourir les tiens. » (Trad. de M. Weil, Journ. des Savants, septembre 1891.)

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