‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 67 sur 351 · Plut., Mor.y p · texte numérisé non relu

Plut., Mor.y p

nouilles^, fait prononcer à Euripide une prière débutant ainsi : « Ethcr, toi qui es ma nourriture », il use de son droit de poète comique. Le mot alO^îp est, en effet, un mot qui revient souvent, et quelquefois avec une valeur philosophique, dans la langue d'Euripide. Anaxagore avait dit, au commencement de son livre sur la Nature, que l'air et l'éther, l'un et l'autre infinis, contenaient tout à l'origine. Cette distinction de l'air et de l'éther, ou autrement de l'atmosphère des régions inférieures et de celle des régions supérieures du monde, se retrouve chez iVristophane, dans la bouche de Socrate, qui invoque comme dieux « l'Air sans bornes et l'Éther brillant^ ». Elle a disparu chez Euripide, qui ne parle plus que de l'éther, mais qui attache à ce mot une signification particulière, qu'il s'agit de préciser. 11 y avait bien longtemps qu'Homère avait représenté le souverain des dieux comme habitant au sein de l'éther'. Euripide, quand il exprime les idées traditionnelles, se sert d'images analogues. Il nous montre Zeus trônant sur son siège céleste et « sur l'éther* ». Un personnage d'une tragédie dont on ignore le nom disait que, « s'il avait des ailes, il prendrait son essor jusqu'aux plus hautes régions de l'éther pour s'approcher de Zeus* », et Aristophane parodie un vers de la Mélanippe,

1. Vers 892. Cf. i2")2. C'est encore pour tourner on ridicule Timportance attribuée à l'éther par Euripide et par les philosophes que les Nuées (v. 370) invoquent comme leur père u le très auguste Éther ». Cf. l'observation du Scholiasto au vers 892 des Grenouilles,

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