‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 79 sur 351 · Vers 155-159. Cf · texte numérisé non relu

Vers 155-159. Cf

à fait ridicules. « Il faudrait être bien sot, dit Ion, pour chercher à faire parler les dieux, quand ils ne le veulent pas, soit en immolant des brebis devant leurs autels, soit en observant le vol des oiseaux*. » Hippolyte, chassé de l'Attique par Thésée, se plaint d'être exilé sans jugement, sans que le crime dont on l'accuse ait été prouvé et sans que les devins aient été consultés. Thésée lui répond que la tablette qu'il tient à la main est une preuve suffisante, qu'il n'a pas besoin d'aller tirer au sort les bulletins des devins, et il ajoute, sans respect aucun pour l'art de l'ornithomancie : « Quant aux oiseaux qui volent au-dessus de ma tête, je m'en moque bien^ ! » Les hommes qui font métier d'interpréter le vol des oiseaux et les autres signes de la volonté divine sont des gens pour qui Euripide ne professe aucune estime. Dans les Phéniciennes, il est vrai, il a donné un certain caractère de dignité et de noblesse au prophète légendaire de Thèbes, au vieux Tirésias; mais c'est que les prophéties de Tirésias intéressent l'action du drame. Mandé par Créon, le devin lui déclare que Thèbes est perdue si l'on ne veut appliquer à cette situation désespérée le seul remède qui reste encore, remède cruel dont, pressé de questions, il laisse à la fin échapper le secret : pour sauver la ville de Cadmos, il faut que Créon fasse le sacrifice de son propre fils, qu'il immole Ménoikeus. Le roi de Thèbes se trouve ainsi placé dans l'alternative de voir périr son fils ou sa patrie. Comme cette situation n'est due qu'à l'in-

\. Ion, 373 et suiv.

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