‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 107 sur 362 · I. Ion, V. i533 sqq · texte numérisé non relu

I. Ion, V. i533 sqq

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EXAMEN DE VhÊRACLËS ,3,

Héra poursuit d'une haine aveugle le bâtard de son mari, Euripide Ç> semble admettre la divine origine de son héros. Il y a cependant un ' personnage de son drame qui, s'il y croit, ne l'estime pas outre mesure : c'est Lycos, l'ennemi d'Héraclès. Pour lui, si Amphitryon n'est pas un imposteur, c'est sûrement un sot. Quand il va raconter \/ en Grèce que Zeus a possédé sa femmes il ferait mieux de se taire. Et Amphitryon ne sait que répondre. Il laisse au dieu le soin de défendre sa paternité». Cela est regrettable. Nous n'aurions pas entendu sans intérêt cet époux débonnaire nous expliquer quel honneur il pouvait tirer à n'être pas le père de l'enfant de sa femme. De pareilles situations sentent un peu le vaudeville, mais est-ce Euripide qui les a créées .3 Quand il en trouve de telles, il ne s'ingénie pas à rendre les dieux ridicules, comme le fera plus tard Lucien. 11 se contente de nous montrer d'un geste discret, presque douloureux, comme leur posture est fâcheuse. Car il ne s'est jamais moqué de ij divinité. L'irritation contenue qu'il lui marque est une preuve de la sincérité de son sentiment religieux, et des exigences mêmes de sa foi. Héraclès sera issu de Zeus, puisque la légende le dit, et Zeus devra protéger la femme de son fils, leurs enfants et Amphitryon, leur aïeul. Le dieu ne le fait pas. Lycos va les tuer. Le dieu ne leur porte aucun secours. Réfugiés au pied de son autel, ils l'invoquent, ils l'appellent : il n'entend pas leurs cris. C'est ce qui décide Amphitryon à lui adresser cette apostrophe singulière :

« 0 Zeus, en vain donc tu as pris ma femme! En vain je t'appelais le père de mon fils! Tu n'étais pas mon ami autant que je le croyais. Par la vertu, tout mortel que je suis, je te surpasse malgré ta divinité suprême. Car je n'ai pas abandonné, moi, les enfants d'Héraclès. Tu l'es introduit furtivement dans ma couche, sans permission tu t'es emparé du lit d'autrui, et tu ne sais seulement pas sauver tes amis. Ou bien tu es un dieu oublieux, ou bien tu es un dieu injuste 3. »

Sans doute, la chute du couplet est faible, mais quelle révolte intérieure perce au travers des autres vers! Un de ces vieillards chevrotants, comme Euripide aime à les représenter, reproche à

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