I . Bacchantes, v. aoo sqq
a. Ibid., V. 395-401, V. 4a7-43i.
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EXAMEN DES BACCHAXTES ,4u
pensait par là s'attirer la reconnaissance des fidèles du dieu, il s'abusait étrangement. Rien ne devait les troubler, ni l'invraisemblable, ni l'absurde, et l'esprit critique avec lequel il s'efforçait de leur venir en aide, n'était propre qu'à les irriter. Car la foi n'admet ni discussion, ni lumière. C'est un temple fermé où ne doit pas pénétrer l'incrédule. Les fidèles qui le fréquentent, s'accommodent de son obscurité et de son mystère. Pour les gens pieux de ce temps-là, Dionysos pouvait bien naître d'une partie quelconque du corps de Zeus, puisque Athèna s'était élancée tout armée de son cerveau-. Ainsi dans ses étymologies de fantaisie, Euripide nous marque combien la vraie foi lui est étrangère.
Mais il est poète, et la religion de Dionysos lui offrait une matière merveilleuse. Il l'a traitée avec une ardeur surprenante pour son âge. Sa pièce est remplie de délire bachique. Elle débord» Hp mycM^ Jvresse^Il a su décrire par divination les transports qu'il ignore, et nous croyons qu'il les partage. C'est un des cas très rares où l'écrivain s'est si passionnément identifié avec son sujet, qu'on a de la peine à l'en distinguer.
De plus, car c'est le vrai moment de s'en souvenir, Euripide n'a jamais été fâché de faire plaider en un même sujet deux "^ses' contradictoires. Rarement il y a mieux réussi. Il a si bien défendu le mysticisme et la raison, qu'on peut hésiter entre les deux, et se demander de quel côté il veut nous faire incliner. Aucun logographe n'aurait égalé l'adresse à laquelle il était parvenu vers la fin de sa vie.
Enfin - ce qui n'a pas augmenté la franchise de ses déclarations lorsqu'il fît représenter ce drame, il ne s'adressait plus à son public habituel. A Athènes, on pouvait tout dire avec un peu de précaution. Si Euripide dépassa quelquefois les bornes, et si par ses audaces il scandalisa ses compatriotes, les regrets unanimes qu'ils manifestèrent à sa mort prouvent du moins qu'il avait su leur plaire. APellaa, auprès d'Archélaos, sa situation était différente. Le culte de Bacchos, ~
«î Jni^" ^"* '^''°*' "f *'''^ '*°' ™^*^ " '"*' ^« ^^ qu'Oreste a eu raison de tuer la sienne pour venger Agamemnon. Tel est l'étrange raisonnement d'Eschyle, et l'on sait avec quel e bonne foi il le développe dans les Eaménides, v. 606, v. 667 sqq Sici'le XV?rfi1'''M*"\''v''!°'!"''.^ Dion, au pied de l'Olympe. Cf. Diodore de doute Dilio- R ' u^'^'r'^ ^" Démosthène, Ambassade, Ao,, ,3,qui copie sans
«.?h i!i. nr ^«PPT^»»^^. »«"f«y' ^ "^ont Olympe et l'Acarnanie, p. ,.. sqq. Il ne
subMsle presque rien des ruuies de la ville antique, si embellie par Archélaos
'^° KUaiPIDE ET SES IDÉES
qui régnait en Piérie-, où devait errer plus lard la mère d'Alexandre avec les Mimallones et les Clodones», le forçait à être prudent. Mais il connaissait lart des tempéraments. Vraiment, il aurait fallu avoir une foi bien ombrageuse pour ne pas être satisfait de la victoire finale du dieu. Sans doute, cette victoire n'était pas remportée avec toute la modération désirable. Mais, outre que les Immortels n'ont pas coutume, quand ils entrent en lutte avec les hommes, de beaucoup ménager leur faiblesse, une pareille brutalité dans le succès n'était pas faite pour déplaire à des Macédoniens.
Est-il impossible de trouver dans le théâtre de notre poète une pièce où il ait mis d'accord la légende avec l'idée qu'il avait de la perfection divine.» En cherchant bien, je crois qu'on peut en citer une, c'est VIphigénie à Aulis^. L'exception est unique. Encore faut- il comprendre ce qu'Euripide a dit dans ce drame, s'en tenir rigoureusement à ses expressions et se bien garder de dénaturer sa pensée. Elle est assez délicate pour n'avoir pas toujours été bien saisie. Dans sa forme primitive, l'histoire du sacrifice d'Iphigénie avait un caractère de cruauté qui convenait au temps où l'on immolait aux dieux des victimes humaines. Car la jeune fille était égorgée sur l'autel d'Artémis, et ce qui rendait sa mort vraiment atroce, c'était le père lui-même qui versait, comme roi et comme prêtre, le sang de son enfant. Cela est raconté dans des strophes admirables de ÏAgamemnonî. Eschyle pouvait substituer, comme l'avait déjà fait l'auteur des Cypriaques, une biche à la vierge douloureuse. Il ne l'a pas voulu. Comme Sophocle 4, LucrèceS Horace6 et bien d'autres poètes, il est resté fidèle à la tradition ancienne. Cette tradition, on l'a remarqué, Euripide la connaissait aussi:. Mais quand il écrivit sa seconde Iphigénie, il se garda bien de la reproduire Des deux formes de la légende, il choisit la plus jeune, c'est-à-dire