‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 144 sur 362 · Ibid., V. i38i sq · texte numérisé non relu

Ibid., V. i38i sq

la faute qu'on lui impute et qui la tue. S^il avait expiré sans mot dire Hippolyte aurait paru moins innocent. Il sacrifie sa vie, mais il ne peui sacrifier sa conscience.

Aphrodite seule a perdu l'adolescent, et cette faute ne doit guère 1 embarrasser. Elle en a commis d'autres, et de plus graves. N'est-ce pas elle qui, sous le plus futile des prétextes, a précipité les uns contre les autres les descendants de Danaos et les flls de Priam, et qui se plaît aux perfidies et aux massacres ■ ?

Athèna elle-même, parce qu'Ajax sans respect pour elle a enlevé Cassandre d'un de ses sanctuaires, ne rend-elle pas tous les Grecs responsables du sacrilège d'un seul, et ne passe-t-elle pas brusquement a leur égard dun excès d'amitié à un excès de haine»? On ne la savait pas si capricieuse.

Quant à Héra, qui n'est pas toujours très attirante chez Homère

elle devient une divinité jalouse et méchante. Elle frappe Ino dé

dehre et la fait errer, malheureuse, loin de sa demeures. Eurysthée

n est pas libre de détester ou d'aimer le fils d'AIcmène. Sa haine

contre le héros, il la doit à Héra qui en a empoisonné son âme* Et

on sait bien, quand on a lu IHéraclès, que cette déesse n'a pas

toujours besoin de l'aide des hommes pour persécuter le bienfaiteur des Grecs 5.

Apollon ne sera pas mieux traité. Ses oracles, réputés infaillibles sont des oracles impies. Le dieu qui a ordonné à Oreste de tuer si mère, est le seul coupable «. Au crime qu'il a commis, en donnant cet ordre mhumain, il ajoute la lâcheté, car non seulement il ignore ce çui est juste, mais il tarde beaucoup à venir en aide au parricide^ La légende d'Oreste est d'ailleurs si révoltante que, si l'on y refléchit' on ne peut y ajouter fois. Rejetons-la. Il en restera une autre où le dieu

t. Hélène, V. j38 sqq. Cf. ibid., v. 9,9 500. .. rroyennts, v. 63 sqq., y. 8, «jq.

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