‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 147 sur 362 · Ibid., V. i4i · texte numérisé non relu

Ibid., V. i4i

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CRITIQUE DE î/ ANTHROPOMORPHISME

Quand .1 veut rester fidèle à la mythologie, Euripide, qui ne peut s empêcher de raisonner sur les opinions acceptées et de tirer des conclusions, se heurte donc à des difficultés nombreuses, qui vont jusqu'à faire naître en lui de la haine et du mépris pour les dieux Entre le ciel et la terre, la guerre est déclarée. Les uns souffrent; cette souffrance, les autres la causent, la multipUent, s'en amusent. Il ne reste aux hommes qu'à détester les auteurs de leurs maux, ce qui est une vengeance un peu faible.

Ainsi, quand le poète remue ces idées douloureuses, il voit de tous les côtes monter et s'épaissir autour de lui les ténèbres. Où trouvera-t-il un rayon de lumière?

Dans un axiome qui est aussi indiscutable à ses yeux que l'est aux nôtres celui de Descartes. Je l'ai déjà .appelé. Je le citerai encore. L est un des plus beaux vers de l'Antiquité :

Si les dieux font le mal, «s ne sont^as des dieux-.

Il faut donc les concevoir autrement qu'on ne l'a fait. Voilà la première conséquence du principe. Pour être conservées, les légendes doivent être modifiées.

Mais Euripide est un poète tragique. Il ne pouvait pas faire une critique suivie des idées reUgieuses. Néanmoins, en lisant avec soin ses drames, on se rend compte que les défauts essentiels de la mythologie ne lui ont pas échappé. ,

D'abord, faut- il admettre la pluralité des dieux? Mais s'ils sont plusieurs, les dieux auront un maître. Ce maître leur donnera des ordres. Uurs volontés particulières ne seront pas identiques en toute chose. Il y aura entre eux des dissentiments, des rivalités. Est-ce croyable?

Artémis et Aphrodite, qui ne sont pas d'accord, dans VHippolyte, se font des concessions réciproques : la loi établie parmi les Immortels le

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