‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 197 sur 362 · Cyclope, v. aSG sqq · texte numérisé non relu

Cyclope, v. aSG sqq

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VoUà le premier point de la harangue. Il ne manque pas d'imprévu. Pour une intelligence aussi lente que celle de son auditeur, il était peut-être excessif d'aller jusqu'en Eubée chercher des arguments.

Ce qui suit est plus naturel. Les supplianU sont sacrés -. Et la guerre de Troie a déjà fait tuer beaucoup de monde. II ne faut donc pas percer de broches le ventre de ceux qui en reviennent, et les faire rôtir au feu comme des bœufs». Mais, là encore, il aurait été préférable de dire autrement les choses : Ulysse devait, semble-t-il, se garder d'éveiller par ces visions de festin, l'appétit du monstre.au moment où Polyphème n'avait qu'à étendre le bras pour satisfaire sa faim.

Aussi le discours de l'orateur est-il inutile. Le géant le lui marque dans sa réponse. Elle n'est ni dans la tradition homérique, ni dans le ton ordinaire à EuripideS. Mais comme le matérialisme grossier qui s'y étale convient admirablement à la brute épaisse qui le récite ' Les argumenta d'Ulysse, ces frêles toiles d'araignée, qu'il tissait avec tant de précautions et de gestes menus, y reçoivent un coup formidable, qui les emporte et les met en miettes' :

« L'or, misérable avorton, voilà le dieu des sages. Tout le reste n'est que paroles en l'air et beaux discours. Les promontoires marins où mon père a des temples, je m'en moque. Pourquoi les avoir rappelés dans ta harangue ? Quant à la foudre de Zeus, étranger, elle ne me fait pas peur. Je ne sache pas qu'il soit un dieu plus puissant que moi. D ailleurs, je ne me soucie pas de lui. Pourquoi? Je vais te le dire Quand il verse la pluie d'en haut, bien à l'abri sous ce roc, dévorant un veau rôti ou quelque bête sauvage, j'arrose largement mon ventre étalé, je bois une amphore de lait, et le tonnerre qui secoue mon manteau ne fait pas moins de fracas que celui de Zeus. Borée, qui vient de Thrace, apporte-til la neige? J'entoure mon corps de la peau des bêtes, j'allume du feu et je nargue le froid. La terre est bien forcée qu'elle le veuiUe ou non, de faire pousser l'herbe qui engraisse mes troupeaux. Et je les sacriBe, non pas à une divinité, mais à moi seul et à ce qui est pour moi le plus grand des dieux, à mon ventre. Ainsi.'bien boire, bien manger chaque jour, et ne pas se faire de bile, voilà le' Zeus des sages. Quant à ceux qui ont établi des lois pour le plus bel

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