‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 254 sur 362 · Hécube j v. 3o6 sqq · texte numérisé non relu

Hécube j v. 3o6 sqq

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D'autant plus que les morts sont vite oubliés, même de ceux auxquels ils étaient chers. 11 est rare que des amis, que des proches même leur soient fidèles : l'égoïsme est plus fort que la piété. L'affection qu'on ressentait pour les siens, quand on les avait devant les yeux, s'évanouit quand ils ne sont plus ' : les absents ont toujours tort, surtout les absents éternels.

Et, ici, recommence plus fort qu'ailleurs ce flux et ce reflux qui donne à la pensée d'Euripide une inquiétude si profonde. Les morts ne sont pas touchés des honneurs qu'on leur rend 3. Les dépenses que l'on fait pour eux ne sont que folies 3. — Mais non, Admète n'a pas eu tort d'honorer Alceste. D'ailleurs, il est faux que les morts ne soient plus rien. Ils subsistent au contraire, et l'injustice est punie chez eux, comme elle est punie chez les vivants V — Cela est-il bien certain? Le savons-nous? Alceste elle-même sera-t-elle accueillie avec bienveillance par Hermès chlhonien? Le chœur le souhaite, mais il n'a pas l'air d'être très sûr de la réalisation de son vœu : « Puissestu, ô Alceste, dit-il, prendre place à côté de l'épouse d'Hadès, si quelques faveurs sont, chez les ombres, réservées aux justes 5! » Pourquoi cette supposition douloureuse et ce doute mélancolique? Mais si Alceste n'est pas récompensée, qui le sera jamais?

u Ce qui est né de la terre retourne à la terre. Ce qui est d'origine éthérée remonte au pôle céleste. Rien ne meurt de ce qui naît, mais les éléments des êtres, se séparant les uns des autres, apparaissent sous une autre formel. »

Voilà une autre conception plus philosophique de la mort, qui est

1. Téménides, fragm. 736. Je laisse de côté les deux premiers vers do ce fracmenl qui sont trop particuliers. *

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