Ibid., V. 767, cf. V
11. Paix, V. 743 sqq. Ce qui n'empêche pas Polémos de donner (ibid., v. a56) un vigoureux soufflet h son valet, mais Polémos est, par définition, un brutal gui a la main lourde. '
»^^8 EURIPIDE ET SES lOÉKS
pénibles travaux des champs, ceux surtout qui vivaient dans les mines étaient de vraies machines animées i, que ne protégeait contre la dureté de leurs possesseurs aucune loi humaine a. Comme ils étaient les plus nombreux, car pour quatre ou cinq esclaves que contenait une maison ordinaires, il y avait déjà, vers la fin du V siècle, des fabriques où on les comptait par centaines 4, et dans les mines de plomb argentifère, ils étaient des milliers, la condition générale de l'esclave était bien telle que nous le dit Euripide : la mort était préférable à la servitude.
Cependant, ce n'est jamais l'ouvrier ni le mineur qu'il nous présente : son art le lui interdit. Il se contente de nous rappeler les mille besognes auxquelles étaient occupés les esclaves, hommes ou femmes, soit dans les maisons de la ville, soit même dans les métairies où il nous conduit. Car il a mis des esclaves dans toutes ses pièces, et ils les rempHssent de leur activité le plus souvent silencieuse.
Ils étrillent les chevauxS, les surveillent^, les font sortir des écuries?, les y ramènentS; ils tirent les chars des hangars 9, les déchargent lo, aident les femmes à en descendre ", portent les bagages la ; ils conduisent les chiens au chenil et portent les ustensiles de chasse «3; ils nettoient la maison, la balaient, y jettent de l'eau i4, en ratissent les alentoursiS; ils réunissent les troupeaux^e, les font paître»?, remplissent
i. Aristote, Morale à Nieomaque^ VIII, i3, i i6i B : ô yàp fioOXo; Ï^L'l^xo^i opyavov.
a. La vie de l'esclave ne compte pas. Cf. Andromaque, v. 88 sq. Cependant Athènes avait fait une loi qui permettait de poursuivre le meurtrier d'un esclave. 11 y est fait allusion dans VHécube, v. 391 sq.
3. P. Guiraut, La propriété foncière en Grèce jusqu'à la conquête romaine, p. 167 sqq., évalue à environ 90,000 personnes de condition libre la population de l'Attique au V et au iV siècle, et, d'après l'historien Ctésiclès, en 809 av. J.-C, les esclaves n'étaient pas moins de 4oo,ooo.
4. Dans la fabrique d'armes de Céphalos, père de Lysias, les esclaves étaient au nombre de lao. Contre Ératostkène, 19.