‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 329 sur 362 · I. Iliade, II, v. ao3 sqq · texte numérisé non relu

I. Iliade, II, v. ao3 sqq

a. Andromaque^ v. 479 gqq.

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expliquer celte opinion, qui a paru étrange, de rappeler que VAndromaque fut représentée sur un théâtre étranger 1. Il faut encore moins admettre qu'Euripide y préfère délibérément la royauté au gouvernement de la multitude^. Ces vœux ne sont qu'un commentaire érudit d'un texte homérique, inspiré par la rivalité regrettable de deux femmes, Hermione et Andromaque, à la cour d'un roi lacédémonien.

Quand Euripide essaie d'imaginer quelle peut être celte royauté orientale qu'il ignore, il part de cette maxime indiscutable pour lui que chez les barbares, sauf le roi, tous les hommes sont des esclaves3. Gomme, à leur tour, les esclaves des pays grecs n'avaient trop souvent d'autres mœurs que celles que leur permettaient l'égoïsme inhumain de leur maître et les nécessités de la nature ^ il prête aux uns les turpitudes forcées des autres, et prétend qu'en Orient le père ne respecte pas sa fille, le fils sa mère, le frère sa sœur. Il ajoute que les êtres les plus chers n'hésitent pas à s 'en tr 'égorger et que la loi ne défend aucun de ces crimes5. Notez que tout cela est dit sérieusement. Ce n'est pas la première fois qu'un écrivain éminent suppose des mœurs inconcevables aux peuples qui ont le tort d'habiter loin de lui et de ne pas parler sa langue. Euripide a la plus extraordinaire ignorance non seulement de ce qui n'est pas grec, mais même de ce qui n'est pas athénien. Pour lui, le monde ne se prolonge guère au delà de l'Altique, et il n'a eu aucun goût pour Texolisme. Sous prétexte que la polygamie était autorisée en Perse par la loi, il charge ce pays de tous les crimes. Les Grecs n'avaient-ils jamais qu'une femme .5

Si donc il avait mis en scène, comme Eschyle, quelque Xerxès, il l'aurait, sans le vouloir, défiguré. Tous les rois étrangers dont il a eu besoin dans ses pièces ressemblent beaucoup à des fantoches 6. Et lorsqu'il a fait parler des rois indigènes, a-t-il eu un plus grand souci de ce que nous appelons la vérité historique? Il est permis d'en douter.

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