‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 331 sur 362 · Iphig. à Aulis, v. 45o, v. 5i6 sq., v · texte numérisé non relu

Iphig. à Aulis, v. 45o, v. 5i6 sq., v

7- Ulysse, roi d'Ithaque, est encore « issu de Zeus » dans VOdyssée, II, v. 352. et ce n est point parce que Tépilhèle ôioyev^ç entre peu aisément dans un trimètre qu'elle ne lui est plus donnée par Euripide.

p. MASQUEHAY.

quitte jamais : c'est qu'il n'est pas plus difficile aux citoyens, gens capricieux, de voter pour d'autres que pour eux».

Mais quelles étaient les idées d'Euripide sur la vraie royauté? Jugeait-il acceptable ce mode de gouvernement que certains peuples modernes, réputés peu maniables, ont conservé pendant des siècles? Il estime que cela dépend de celui qui exerce le pouvoir: s'il est honnête, ses sujets seront heureux a, car la foule ignorante a besoin d'être dirigée, et un seul homme n'est pas déplacé à sa tête, pourvu qu'il soit un sage 3.

Ces généralités, dont il serait aisé de trouver l'écho dans Platon, sont un peu vagues, mais on ne parie avec précision que de ce que l'on connaît bien. Athènes n'était pas la ville où l'on pût étudier la royauté. Une seule fois, quand il se fut exilé, Euripide rencontra en Macédoine un vrai roi, Archélaos. Que pensa-t-il de lui? Il avait déjà dit que la royauté était égale à la condition divine 4. H ajouta que si les rois étaient immortels, ils jouiraient de tous les bonheurs 5. Celait une flatterie qui, même en Macédoine, dut paraître banale. Euripide n'avait, à aucun degré, l'esprit inventif des courtisans modernes.

Sur la tyrannie, il est plus explicite. Les Athéniens étaient entourés presque de tous les côtés par des tyrans. Il y en avait en Sicile, en Eubée, en lonie, dans les îles, et les poètes ne dédaignaient pas tous de séjourner à leur cour. Mais le souvenir des Pisistratides était vivant en eux. S'ils acceptaient les tyrans pour d'autres, ils n'en voulaient pas pour eux-mêmes ni pour leurs concitoyens.

Sans doute, à l'origine, le plus robuste commanda aux autres, parce qu'il savait mieux, dans les combats, brandir les javelots ou la lance 6 :

Le premier qui fut roi fut un soldat heureux.

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