Contre Léoerale, loo
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L'A.ttique va être envahie par Eumolpos, qui commande une armée de Thraces. Érechthée, roi d'Athènes, est allé à Delphes, pour savoir comment il pourra repousser l'ennemi. Apollon lui a prescrit de sacrifier sa fille. Érechthée communique Tordre du dieu à Praxilhéa, sa femme. Le fragment de 55 trimètres, cité dans le discours contre Léocrate, contient justement les raisons pour lesquelles la mère consent au sacrifice de son enfant'. En d'autres termes, c'est une énumérationa des raisons particulières pour lesquelles un Athénien devait aimer Athènes et des raisons générales pour lesquelles un citoyen doit aimer sa cité.
Commençons par ces dernières 3 : si l'on a des enfants, c'est pour qu'ils défendent les autels et la patrie. Pourquoi? Pour éviter la ruine générale. Quand on sait faire seulement le compte du plus ou du moins, la destruction d'une seule maison est un malheur moins grand que la destruction de toutes^. Donc, quand les jeunes soldats s'en vont défendre le sol de la patrie, les larmes des mères, qui peuvent les amollir, leurs conseils, qui peuvent les pousser à la lâcheté, sont haïssables. En ces moments critiques, point d'attendrissement ni d'égoïsme. Chacun se doit à tous. Les parents ont reçu leurs enfants de la nature et ils les doivent à la cité, qui a besoin d'eux, pour défendre ses lois, ses coutumes, son passé, son génie, l'essence même de son esprit, sa manière de comprendre l'existence et de la vivre. — Ce raisonnement, d'une logique impérieuse, conserve encore aujourd'hui toute sa force.
L'Athénien doit plus que personne aimer sa cité. Praxithéa en donne deux raisons : c'est, dit-elle, parce qu'il n'y a pas de ville qui soit supérieure à la nôtre; c'est aussi parce que nous sommes un peuple autochthoneS.
Il est entendu que chaque patriote trouve son pays préférable à un autre et qu'il se félicite tous les jours d'y être né, puisque l'affection est aveugle et qu'elle ne peut même pas exister, sans l'être. Si néanmoins