Héraclès, v. 822 sqq
2. Cf. Iliade, I, v. 899 sqq. ; v. 5Gi sqq. ; V, v. 890 sqq. ; VlIT, v. 477 sqq.; \V,v. i/i sqq. On voit nettement que Zens et liera ne s’entenrlaient guère, et comme les dieux sont conçus d’apres les liommes, la conclusion est facile à tirer.
morale. Il fait une guerre incessante à ces idées. On a pu voir précédemment comme ses attaques sont souples et décisives. On ne se fatigue pas à en étudier le détail.
Dans les Troyennes, Hélène reprise par les Grecs soutient devant Ménélas que Cypris seule est responsable de son infidélité. Son argumentation est aussi solide que compromettante pour la déesse. Celle-ci voulait que Paris la proclamât plus belle qu’Héra et que Pallas. Que fit-elle ? La fille de Tyndare avait des charmes qui n’étaient pas niables. Cypris les vanta à Pâris. Elle lui promit qu’il aurait la femme qui les possédait, si sa sentence la proclamait la plus belle. Il y a des arguments contre lesquels se défendent mal les juges, s’ils sont des hommes. Pâris en était un et le fit bien voir. Dans ce tournoi d’un nouveau genre, pour avoir Penjeu, il donna la victoire à Cypris. La déesse tint sa parole. Elle conduisit Pâris à Sparte, elle éloigna le mari du foyer, car les choses ne se passent jamais autrement. L’amant eut tôt fait de séduire la femme et de l’enlever.
A qui s’en prendre? A Hélène? Ce serait injuste: elle n’était pas libre. A Cypris? Ce serait fou : elle est trop puissante. Mieux vaudrait s’attaquer à Zeus. S’il commande aux autres divinités, en face de Cypris, on le sait bien, il se sent faible. Donc, si on n’accuse jamais Zeus, on accusera moins encore Cypris : le bon plaisir est ici un droite.
Notons que, sans altérer en rien la légendes, Euripide en tire un argument irréfutable pour innocenter Hélène. Les choses s’étant ainsi passées, il est clair que celle-ci n’était pas coupable. Elle a été un jouet dans la main des dieux. Un jour, ils ont eu besoin d’elle. Se sont-ils souciés un instant du mal qu’ils lui causaient? Mais les dieux ont-ils jamais de pareils scrupules?
Le raisonnement est si fort que, pour le réfuter, Hécube est contrainte d’en rejeter les prémisses. Jamais, dit-elle, les trois déesses n’ont désiré qu’on décidât qui d’entre elles 'avait la plus grande beauté. Pourquoi Héra aurait-elle voulu être préférée à ses rivales? Elle a Zeus pour époux. Ne lui suffit-il pas? Et Athéna qu’aurait-elle été faire sur l’Ida? On veut être proclamée belle pour être sûre de plaire à quelqu’un. Mais Pallas est vierge. Jamais elle n’a cherché ni ne cherchera à s’unir