Cyclope, v
б. Médée, v. i35i sqq.
7, Médée, v. 169 sq.
TNFI.UEIVCES ÉTRANGÈRES 187
révolter. Jason n’avait-il pas à leurs yeux le droit de divorcer et de renvoyer la femme qu’il n’aimait plus? Et les enfants étaient-ils autant à la mère qu’ils le sont aujourd’hui i ?
Donc, Dicé n’est invoquée et n’agit que lorsque le crime est avéré. Son action est sûre, mais elle est mystérieuse et nous ne la comprenons pas toujours2. Cette déesse n’est pourtant pas aveugle^. «Si l’on se flatte de dérober aux yeux des Immortels de quotidiennes injustices, on se trompe, et on ne tarde pas à s’en apercevoir, le jour où Dicé a quelque loisir^.» Et ce jour, après avoir un peu tardé, est venu pour Coprée, pour Eurysthée et bien d’autres.
Sans doute. Mais Héraclès, Pélée, Hippolyte, Macarie, Polyxène, Hécube, le petit Astyanax, — l’énumération serait trop douloureuse, il faut l’abréger, — sont-ils des criminels? Personne n’a jamais été heureux en étant injuste, répond le poète, et on ne peut espérer le salut que dans l’équité^. Cela suffit-il? Euripide affirme que tous les coupables sont punis, si nous avons la patience d’attendre 6, Accordons4e lui. Mais pourquoi les innocents sont-ils traités comme des coupables? N’est-ce pas parce que le malheur est naturel à notre condition, que nous sommes tous voués à la souffrance, que les Dieux et Dicé n’y peuvent rien, et qu’enfin il est indifférent d’être juste pour être heureux?
Mais Euripide voulait croire en Dicé. C’était un besoin de son âme. Comme il ne trouvait pas l’explication du désordre immoral du monde, il essaya de savoir si d’autres l’avaient trouvée. Quand on hésite dans l’angoisse, on cherche, on se met en quête. On n’appro-
1. Cf. 1. F. F., 106/1, V. G sq., et rapprocher . reste, v. 552 sqq ; Euménides, v. G58 sqq.