‹ Euripide et ses idéesChapitre 246 sur 388 · Érechthée, fragm · texte numérisé non relu

Érechthée, fragm

5. Une scène comme celle qui précède la parados des Phéniciennes, où la curiosité naïve d’une jeune fille est si bien décrite, est en effet fort rare dans le drame.

6. Mais les filles étaient quelquefois plus attachées à leur père qu’à leur mère. Cf. Électre, v. 1102 sqq.

7. Une fois mariée, la femme appartient au mari. Le fils au contraire reste dans la maison paternelle, pour honorer les dieux domestiques et les tombeaux des aiicctres, Danaé, fragm. 3t8.

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qui préfère à l’âme altière des enfants mâles la tendresse d’une fille i . Il est vrai qu’il est accablé d’années, que la solitude grandit autour de lui, que les caresses d’Évadné étaient chères à son abandon et qu’il attend un peu tard, comme Agamemnon, le moment où son enfant lui est enlevée, pour se sentir tant d’affection pour elle.

Ces réserves faites, et elles étaient nécessaires, disons que si Euripide n’a pas encore les idées de notre temps, sur bien des points il essaie déjà de corriger la dureté antique. C’est ainsi qu’il conseille aux pères, pour avoir une vieillesse heureuse, de se montrer indulgents à l’égard de leurs enfants 2, et de ne pas être trop sévères si ceux-ci commettent quelques fredaines. Ils doivent se souvenir qu’eux aussi ont été jeunes 3. Car s’il veut que les enfants soient élevés sans mollesse, en plein air, parce qu’ils sont plus vigoureux que les autres^, il ne prétend pas comprimer aucune force de leur être. Ils grandiront et s’épanouiront librement, comme le veut la nature infinie et toujours diverse, qu’ils aient la mystique chasteté d’Hippolyte, la réserve prudente d’ion, ou l’exubérance d’Héraclès, surtout s’ils rachètent ce que la vigueur de ce dernier a de grossier, par son infinie bonté.

Mais ni Héraclès ni Hippolyte n’ont été à l’abri des coups du sort, et si le jeune Ion paraît destiné à un avenir heureux, ce n’est pas parce qu’il est devenu le fils d’un roi, mais parce qu’il a résolu de ne pas demander beaucoup à sa nouvelle existence : son bonheur sera fait de défiance et d’abstention. La vie humaine, qu’est -elle donc? Comment faut-il, en jetant les yeux autour de soi, la juger dans son ensemble, sans illusion et sans parti pris?

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