‹ Euripide et ses idéesChapitre 255 sur 388 · LA VIEILLESSE · texte numérisé non relu

LA VIEILLESSE

\oiis sommes agités de mille désirs aussi vains et aussi pernicieux les uns que les autres i. Il nous manque toujours quelque choses. H faut nous y résigner. L’espoir, il est vrai, nous aide à prendre patience, mais c’est une creuse nourriture, qui n’est même pas sans danger, puisqu’elle nous conduit souvent à notre perte 3.

La conclusion, on le devine: mieux vaut ne pas naître^». C’était celle de ThéognisS, celle aussi à laquelle aboutissait Sophocle quand, accablé d’années, il n’avait plus aucun plaisir à vivre Mais Euripide se raidissait quelquefois contre la souffrance : il disait qu’elle était une nécessité et que celui qui supportait avec courage les épreuves inévitables était un sage 7, Car il ne faut pas lutter contre les dieux, mais subir leur volonté 8. Elle est incompréhensible 9. Laissons -la s’accomplir. Que pas une plainte ne nous échappe. Et cette résignation, chez un homme qui ne paraît guère avoir été heureux, est belle, parce qu’elle est simple.

D’autant plus qu’il aimait la vie, les illusions ardentes de l’adolescence, les joies fortes et raisonnées de l’âge mûr. Ce qui le prouve, c’est l’ironie douloureuse avec laquelle il peint la vieillesse. Son intention est assez peu intelligible pour ceux qui le connaissent mal, et il ne sera peut-être pas inutile de la leur expliquer.

Ce sont, en effet, des êtres déconcertants que les vieillards d’Euripide, ces ombres chevrotantes, incertaines. Aristophane n’a pas oublié de se

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