‹ Euripide et ses idéesChapitre 278 sur 388 · Chrysippe, fragm. 889, v. 8 sqq · texte numérisé non relu

Chrysippe, fragm. 889, v. 8 sqq

empruntée à Anaxagoras i : c’est la dissolution des éléments qui composent l’être humain.

Le corps né de la terre à la terre est rendu,

et l’àme, le souffle vital, que le poète appelle 7ïV£up.a2, se perd au ^ein de l’Éther brillant.

Cette explication n’est pas isolée. On la retrouve, plus ou moins développée, dans un assez grand nombre de drames. Tous ont été composés dans les vingt dernières années de la vie du poète 3. Et il semble, si l’on peut sur cette délicate question avoir une opinion, que ce soit l’idée où, après bien des tâtonnements, s’arrêta son esprit hésitant.

Naturellement, cette conception n’est pas particulière à Euripide. Tous les commentateurs l’ont remarqué, et il est inutile de le répéter après eux. Un seul fait, que je rappellerai, le prouve avec évidence : l’épitaphe des Athéniens morts à Potidée Si l’on put graver sur leur tombeau, au Céramique, que TÉther avait reçu leur âme et la terre leur corps, comme l’inscription était officielle, cette explication de la mort n’était pas loin, en 432, d’être acceptée par le peuple, pour lequel elle avait été faite.

Euripide la reprit a son tour, comme l’auteur de l’épitaphe l’avait empruntée à d’autres. L’âme, cette étincelle divine, retourne après la mort vers le foyer d’où elle émane, vers TÉther, l’immensité lumineuse où trône Zeus, et qui se confond quelquefois avec lui. Car Zeus est l’intelligence des hommes 5, et comme telle, cette intelligence doit rentrer après la mort dans le sein du dieu 6.

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