Teménides, Iragm
C’est ce que fait le jeune Ménoecée, qui se sacrifie pour Thèbes, malgré son pèrei. Il dit, en marchant à la mort, que si chaque citoyen voulait faire tout le bien dont il est capable et contribuer ainsi, pour sa part, au bonheur de sa patrie, les cités éprouveraient moins de malheurs et seraient à l’avenir plus florissantes 2. C’était le cri suprême de Praxithéa donnant à Athènes la vie de son enfant. Au moment de se séparer d’elle, cette mère sentait ses entrailles tressaillir. Elle défaillait presque de douleur, mais elle avait encore la force de dire : (( O patrie, puissent tous ceux qui t’habitent t’aimer comme je le fais! Ainsi nous serions plus heureux et tu serais plus fortunée 3. »
Le patriotisme n’était donc pas une vertu particulière aux Athéniens, et il devait fleurir dans tous les pays. Il était devenu un thème fécond, souvent traité, dont on pouvait tirer des effets imprévus. Songeons à V Andromède. Le roi Céphée sacrifie, lui aussi, sa fille à son pays. Ainsi énoncé, le sujet du drame paraît simple. En réalité, nous n’en avons guère imaginé de plus romanesque. Ne voyait-on pas la belle Andromède, enchaînée sur un rocher 4 battu par les flots et destinée à servir de pâture au monstre marin qui ravageait les côtes d’Éthiopie? Le visage de la vierge, pâli par l’angoisse, se fondait avec la blancheur du marbre auquel elle était attachée 5. Il n’était pas nécessaire, on le conçoit, que dans cette attente horrible elle entendît la bête approcher pour souhaiter d’être auparavant foudroyée 6. Mais Persée venait à son secours. Il volait sans bruit dans les airs avec ses pieds garnis de plumes 7. Il descendait doucement auprès de la jeune fille, comme un oiseau. La vue de son supplice lui remuait le cœur 8. Il détachait ses liens d’une main attentive, non sans lui avoir demandé comment elle lui témoignerait sa reconnaissance 9. Andromède, peut-être par crainte de lui en trop marquer, ne répondait pas à l’indiscret 10. A ce