Oresle, v. 806 sqq
P. MASQUnUAY.
Fémoi général, et leurs dialogues nous sont conservés avec une fidélité malicieuse, qui annonce déjà celle, plus chagrine, de Démosthènei. Quand l’assemblée est au complet, le héraut se lève, prononce la formule consacrée et le débat commence.
Quatre citoyens montent à la tribune. Chacun d’eux a une physionomie propre. La peinture prend même pour le troisième la précision du portrait et toute l’Antiquité a reconnu celui de Cléophona. Les autres sont plutôt des types généralisés d’orateur: Talthybios, F Athénien adroit qui ne veut se faire d’ennemis dans aucun parti et qui connaît Fart des ménagements; Diomède, l’homme de caractère qui a une opinion très nette et qui la dit, sans s’inquiéter des gens qui l’écoutent. Quand il a terminé, c’est un vacarme confus de réprobation et d’applaudissement. Puis, se lève le personnage cher à Euripide, qui nous Fa réservé pour la fin : c’est son paysan de VÉlectre, l’homme des champs, l’homme qui travaille de ses propres mains, l’homme qui assure, lui et ses pareils, le salut de la République. Il a toutes les qualités, du cœur, de l’adresse, de l’intégrité. Il fréquente peu l’assemblée, et il sait très bien parler. On peut se demander où il a appris cet art difficile. Mais nous sommes à Athènes où la charmante invraisemblance du poète est moins grave qu’ ailleurs.
L’anachronisme peut prendre quelquefois une forme singulière. Deux personnages sont en scène. L’un soutient une opinion; l’autre cherche à la réfuter. Ce sont des plaideurs qui défendent chacun sa cause. Or, si nous regardons comment leurs discours sont faits, nous noterons une particularité étrange : les deux plaidoyers opposés ont une longueur égale^. Voici les passages d’Euripide où cette égalité est indiscutable :
Médée, 465 -5 19: Médée, 54 trimètres.