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III. — Géographie économique

Conditions générales. — L'Allemagne, si prospère par l'industrie et le commerce, est la dernière venue parmi les

puissances qui se disputent les plus importants marchés du monde. Sa richesse économique a été une des conséquences de son unification politique. Les savants se sont mis au service de l'agriculture et de l'industrie. Les Universités n'ont pas dédaigné de donner même le haut enseignement agricole. Toutes les ressources du pays ont été méthodiquement et scientitiquement recherchées et mises en valeur.

Agriculture. — Alors que les conditions naturelles étaient médiocres ; que le sol, sauf dans quelques régions où il existe des dépôts de lœss (Saxe, Lusace, Haute-Silésie), était peu fertile: que le climat était rude, les Allemands ont tiré un excellent parti de leur terre. Le sol a été transformé par les draina,u'es, les défoncemeiils, les assolements raisonnes, Tusage des engrais artificiels scientifiquement dosés et appliqués. On a de la sorte mis en valeur et des terrains sablonneux et des régions tourbeuses. De nombreuses associations coopératives (plus de r2U00) ont fourni aux agriculteurs les ressources nécessaires à de si importantes transformations.

Les forêts. — Les forêts couvrent un quart de la superficie du territoire allemand, soit environ liU 0<XI kilomètres carrés. L'AUemag-ne du Sud et la moyenne Allemagne ont des forêts de chênes, de hêtres, de sapins, etc. ; dans les plaines sablonneuses et dans les dunes de TAllemagne du Nord, comme dans nos landes, s'étendent d'immenses plantations de pins sylvestres.

Les cultures alimentaires. — 325000 kilomètres carrés sont consacrés à l'agiiculture proprement dite. Les procédés de culture et l'aspect du sol varient beaucoup d'un pays à l'autre, de même que la ré[)artition des propriétés; tandis que dans les provinces du Nord et de l'Est (Mccklernbourg-, Poméranie, Posnanie) les grands pi^opi^iétaires possèdent les G dixièmes du territoire, la grande propriété n'occupe que 2 pour 100 du sol dans le duché de Bade.

La culture des m'^rt/es occupe, comme en France, environ 30 pour 100 du teiTitoirc. Si la production allemande, de 203 millions d'hectolitres, est lég'èrement supérieure à la nôtre (251), la valeur de cette production est moindre, car le froment ne joue pas, dans l'ag-riculture allemande, le rôle préf)ondérant.

Le seigle, cultivé surtout dans l'est de l'empire, tient le premier rang- pai-mi les céréales ([)rès de 7 millions de toiuies). Viennent ensuite Vavoine (près de 5 millions de tonnes), cultivée dans la même région ; le froment

(3 700000 tonnes) cultivé dans la. rég-ion du Rhin, en Saxe et en Thuring-e. Dans ces mêmes régions pousse Vorge, vraie culture industrielle dans un pays où la fabrication de la bière tient une si larg'e place (3 100 000 tonnes).

L'abondance des pommes de terre compense la pauvreté de rAllemag'ne en froment. Cette culture occupe plus de 10 pour 100 des terrains agricoles, les champs sablonneux de la Silésie, du royaume de Saxe, du Brandebourg-. Le produit annuel atteint environ 40 millions de tonnes

La vigne et les arbres à fruits. — Leur habileté a permis aux Allemands d'obtenir dans la culture des arbres à fruits tout ee que permettaient un climat et un sol médiocre. Le domaine du Rhin moyen possède des vignes où Ton récolte en moyenne 2 millions (rhectolitres de vins, dont quelques-uns ont une réputation méritée. Le Wurtemberg, le Palatiuat bavarois, le pays de Bade, les bords du lac de Constance produisent également du vin. Les vins d'Alsace, blancs et rouges, sont les plus célèbres de tous. Les vius du Rhin [Johannisherg) ont une vogue considérable.

Les cultures industrielles. — La grande culture industrielle de TAUemagne est celle de la betterave. C'est elle qui a entraîné la transformation de toute l'agricultui^e allemande. L'Allemagne lient ici le premier rang. La récolte atteint 14000000 tonnes ; la plus grosse part est fournie parla Saxe prussienne et la Silésie.

La pomme de terre doit être aussi rangée parmi les cultures industrielles, les Allemands en tirant de grandes quantités d'alcool et utilisant les résidus pour l'alimentation du bétail.

Le houblon est produit dans les États occidentaux : Wurtemberg, duché de Bade, Alsace-Lorraine et Bavière. La production varie de 20 à 25000 tonnes.

La production du lin et du chanvre suffit à alimenter l'industrie allemande.

Les productions animales; l'élevage. — L'élevage, durant les dix dciTiières années, a fait de remaix[uabl.es progrès grâce à l'emploi des résidus de la bettei^ave. La quantité et la qualité des animaux se sont simultanément accrues. L'Allemagne nourrit 4 300 000 chevaux, 19 340 000 bêtes à cornes, 19 000000 da porcs, 8 000 000 de moutons. Le cheval de guérite est élevé dans l'Est (Prusse orientale), le cheval de trait dans l'Allemagne de l'Ouest et du Sud (Mecklemboui^g et Hanovre).

La chasse. — L'abondance des forêts; la vaste étendue des pâturages, des prairies, des bruyères; les lois qui règlent l'exercice du droit de chasse, font de l'Allemagne l'un des pays les plus giboyeux de l'Europe. 11 y a là une importante source de richesse.

Résumé de la production agricole. — Le sol de l'Allemagne est exploité avec beaucoup de mélhode et de science. Il est loin cependant de pouvoir fournir à sa nombreuse population toutes les denrées d'alimentation qui lui sont nécessaires.

Industrie. — Productions minérales. — Le sous-sol de l'Allemagne renferme d'abondantes richesses minérales; on n'y compte pas moins de 2 000 exploitations minières.

L'extraction de la houille a fait là des prog-rès plus rapides que partout ailleurs. L'AUemag-ne qui, en 1860, produisait 20 millions de tonnes, est aujourd'hui le troisième pays producteur de charbon du monde, avec plus de 140 millions de tonnes, représentant une valeur de plus d'un milliard et demi de francs. Près de la moitié de cette production est fournie par le bassin de la Ruhr ou de Dorlmund^ aile orientale des bassins belg-es. Viennent ensqite par ordre d'importance les houillères de Silésie [Beuthen), de la Saxe, de la Sarre en Lorraine, d'Aix-la- Chapelle.

Le minerai de fer^ très commun dans l'Erzg-ebirg-e (monts justement nommés métalliques), les Sudètes, la Lorraine armexée et surtout la Haute-Silésie, est exploité depuis le moyen àg'e. On en extrait annuellement 25 millions de tonnes valant plus del25 millions de francs : c'est plus de trois fois la production de la France. Encore cette production est-elle insuffisante et l'AUemag-ne doit-elle importer environ 3 millions de tonnes de minerai.

Le s inc,\e plomb ei\Q cuivre donneni, au total, un million et demi de tonnes, dont 700000 tonnes environ pour le zinc, soit les cinq sixièmes de la production du globe.

L'Allemagne n'est pas seulement riche en mélaux proprement dits. Ses salines (Saxe, Alsace-Lorraine, 1)00000 tonnes valant [très de (10 millions) ses eaux minérales (Ems, Wiosbaden, Aix-la-Chapelle, Kissingen, Baden- Baden); ses carrières, nombreuses dans l'Allemagne du Sud et de l'Ouest, constituent une part importante du revenu luilional. Kniin, depuis une dizaine d'années l'Allemagne est devenue le grand pays producteur de sels de potasse : nulle part on ne les trouve en aussi grande abondance. Les mines de Saxe et de moyenne Allemagne donnent une production annuelle valant plus de 40 raillions de francs.

Industries dérivées du règne minéral. — 'L'extraction' la mhe en œuvre et la transformât ton en objets industrie/s des matières premières /«//^eVrt/'e^- occupent en Allemagne plus de G millions d'ouvriers, dirig'és avec intelligence par de très nombreux ing-énieurs remplissant jusqu'aux fonctions de contremaîtres et secondés par l'outillag-e le plus ingénieusement perfectionné.

Les industries dérivées de la houille ont pris une importance considérable. L'industrie des couleurs tirées de la houille, d'invention française, a atteint en Allemag-ne un tel deg-ré de perfectionnement que l'Allemag-ne produit les quatre cinquièmes des matières colorantes utilisées dans le monde : la valeur en est de plus de 500 millions. Cette industrie s'est naturellement développée dans les g-randes villes du bassin de la Ruhr et des provinces rhénanes, en Saxe et en Silésie, près des houillères.

Le minerai de fer traité dans 250 hauts fourneaux a produit, en 1906, 10 800 000 tonnes de fonte, plus de trois fois la production française. L'Allemagne vient au troisième rangaprès les États-Unis, tout près de l'Angleterre. Les hauts fourneaux les plus importants se trouvent en Westphalie (Essen, Bochum), puis dans le bassin de la Sarre et la Lorraine, enfin en Saxe et en Silésie. La production de Vacier dépasse G millions de tonnes, supérieure à la production anglaise, en sorte que les aciers allemands font concurrence aux produits ang-lais en Angleterre même.

L'abondance de la houille et des métaux a provoqué un admirable essor de toutes les industries mécaniques et métallurgiques. Chacune des grandes régions houillères est devenue un centre d'étonnante activité. La régnon rhénane et westphalienne est particulièrement remarquable: on y trouve une ag"g'lomération d'usines telle que les plus riches districts de l'Ang'leterre peuvent seuls lui être comparés. Sur un espace moindre que la moitié de notre département du Nord, seY)vesseniK?'efeld,Duisbourg, Essen, Bochum, Dortmund, Barmen, Elberfeld, Solingen, Dusseldorf, etc., etc., près de 2 millions d'hommes construisant des machines de tout g-enre, du matériel de chemins de fer, du matériel de guerre, des canons, des plaques de blindage, etc. ; tissant la soie, la laine, le coton. L'usine Krupp, à Essen, la plus grande de l'Allemagne, n'a pas moins de 25000 ouvriers; les aciéries de Bochum en comptent 8000. Même activité

variée dans la région de la Sarre, Sarrebriick, en Alsace- Lorraine, à Hayaiuje, San'eguemines, 31uïhouse\ en Saxe ■et en Thuringe, autour de Plauen. de Zicickau, de Chemnits ; en Silésie, autour de Breslau. Les ports, Brème, Liibcck, Hambourg , Kiel, Stettin (ateliers Vulcan), possèdent d'immenses chantiers de constructions maritimes, qui ont donné à l'Allemagne une mag-nifique flotte de commerce, une bonne flotte de g'uerre, qui construisent pour l'étrang-er et font une très séi'ieuse concurrence aux chantiers angolais et français.

Les verreries de Baireuth en Bavière, de Forbach en Alsace-Lorraine, et les faïenceries de Saxe, de Sarreg'uemines, ont une réputation européenne.

Industries dérivées du régne végétaL — L'Allemagne tient le premier rang- pour la fabrication du sucre. Le principal centre de production est dans la Saxe prussienne. On a fabriqué, en 100r>-7, 1 700000 tonnes de sucre, plus de deux fois la production de la France, passée du premier au quatrième rang-. II a été exporté plus d'un million de tonnes valant 265 millions de francs.

La fabrication de la bière est particulièrement célèbre à Munich, à Nuremberg- et à Strasbourg-. Mais les brasseries de l'Allemagne du Nord fournissent les deux tiers de la j)roduction totale, 75 millions d'hectolitres — plus de cinq fois la production française.

Les fabriques A' alcool, dans les rég-ions de culture de pommes de terre, distillent plus de 4 300000 hectolitres.

Filature et tissage. — L'Allemagne, qui a accru de moitié rim(Mir1anre de son industrie cotonnière par l'annexion de l'Alsace, vient au troisième rang-, après l'Ang-leterre et les États-Unis, parmi les États qui filent et tissent le coton. Elle compte près de 9800 000 broches. Les principaux centres de production sont par ordre d'importance : en Saxe, ChemnilzaiZiL'ickau ; dans la province rhénane, Elherfcld, Cologne; en Silésie, Gœrlits et Scinreidnilz; en Alsace, Mulhouse.

La filature et le tissage de la laine et de la soie sont en progrès; mais le développement de ces industries n'est pas comparable à celui de l'industrie cotonnière. Les principaux centres du travail do la laine sont Chemnils en Saxe,

Elberfeld et Cologne. Le travail de la soie se fait presque uniquement à Krefeld, à Bannen et à Elberfeld.

Les voies de communication. — Le développement des moyens de transport à bon marché, les grands travaux d'aménagement des cours d'eau, ont contribué dans la plus larg-e mesure à l'essor industriel et commercial de l'AUemag-ne. Le Rhin, le Main, l'Ems, l'Elbe, l'Oder ont été approfondis, canalisés : il n'a pas été dépensé moins de 270 millions pour l'amélioration du cours du Rhin. Sur l'Elbe, à Dresde, la navig-ation est aussi active que sur la Seine entre Paris et Rouen. L'Oder est aujourd'hui accessible jusqu'à Breslau pour des bateaux de 400 tonnes.

Toutefois les aménag'ementsne sont pas encore complets. Si l'Elbe, l'Oder et la Vistule sont aujourd'hui unis; si l'Ems est maintenant unie au Rhin par le canal de Dortmund, les réseaux du Weser et du Rhin restent encore isolés. Mais des études et une active propag-ande ont été faites pour la création d'une g-rande voie navigable du Rhin à l'Elbe, par le Weser. On rêve pour l'avenir la jonction des voies navigables allemandes au Danube autrichien, route de l'Europe orientale et de l'Asie.

L'Allemagne dispose de 14500 kilomètres de voies navigables, dont .5 000 kilomètres de canaux; 12000 kilomètres sont accessibles à des bateaux de 1 mètre de tirant d'eau. Les cinq septièmes du trafic fluvial passent par l'Elbe ou le Rhin. Le port de Ruhrort, avec 12 millions et demi de tonnes, a un tonnage supérieur à celui de Paris et de Marseille et possède un outillage perfectionné pour le chargement et le déchargement des navires. Duisbom^g, port tout voisin, Mannheim dépassent de beaucoup le Havre. Un chiffre donnera une idée de la progression du trafic : de 1898 à 1905 le nombre des bateaax montant ou descendant le Rhin est passé de 17000 à 58900, leur tonnage de 2 millions et demi à 13 milUons de tonnes.

Le plus remarquable des canaux est le canal maritime de Kiel qui, joignant la Baltique à la mer du Nord, permet d'éviter le long et dangereux détour des détroits danois. Long de 98 kilomètres, il est accessible aux plus grands navires: d"où son importance commerciale et surtout militaire, puisqu'il permet en tout temps le passage des escadres allemandes d'une mer à l'autre.

178 DESCRIPTION PARTICULIÈRt: DES ÉTATS EUROPÉENS.

Chemins de fer. — En Allemagne on a compris que les voies nacigahles ne font pas concurrence aux voies ferrées, et qu'au contraire les deux modes de transport se prêtent un mutuel appui. L'accroissement du trafic sur les deux, lignes qui long-ent le Rhin, parallèlement au développement de la navigation sur le fleuve, l'a prouvé de façon éclatante.

L'AUemag-ne possède 58000 kilomètres de chemins de fer. Il faut ajouter près de 5000 kilomètres à voie étroite. Le matériel est plus nombreux quen France (400000 voitures contre 300000) et la capacité des wag-ons allemands est supérieure à celle des wag"ons français. La majeure partie du réseau (50 0iX) kilomètres) est administrée par l'État.

Dans le sj'stème des voies ferrées allemandes, il n'j' a pas de centre vraiment déterminé comme en France. Berlin est le centre administratif; mais Munich, Ratisbonne, Mayence, Cologne, Leipzig, Dresde, Posen, Breslau sont des points fort remarquables de rayunuement de voies ferrées. Le réseau est particuUèremeat serré dans la province rhénane et en Sa\e, pour des raisons industrielles; en Alsnce-Lorraiue, pour des raisons stratégiques.

Le commerce. — L'Allemagne est aujourd'hui la seconde des g-randes puissances commerciales. Elle vient après l'Angleterre, avant les États-Unis et la France. Le tableau suivant permet de saisir la rapidité du développement de son commerce depuis 1800 :

1800 commerce total 2 500 millions de francs.

1906 — 18000 — France, 14 milliards.)

Dans ce dernier chiffre, les exportations comptent pour 8 100 millions, les importations pour 10500 millions.

Les produits agricoles et les denrées coloniales comptent pour yrlus de 2 milliards dans Vimporlalion. Les matières premières nécessaires à l'industrie, minerais, laines, cotons, bois, représentent un peu jjIus de 2 milliards. Les principaux articles (ïexportal ion , classés d'après leur importance, sont : les denrées coloniales, les fers et la quincaillerie, les pi'oduits chimiques, les minerais, les lainages, les cotonnades. Ces produits représentent la moitié de l'exportation.

Les clients les plus importants de l'Allemagne sont l'Angleterre {2 milliard» 300 millions), qui lui arliéle un peu plus quelle ne lui vend ; les Étals-Unis

(1900 millions; qui achètent pour plus de 558 millions et vendent pour 1335 millions; lAulriche-Honjrrie, 1G25 millions, dont 936 millions de vente à l'Allcmagno ; la Russie qui achète pour 470 millions de produit» industriels et vend pour près d'un milliard de céréales, bois, fourrures et produits bruts; la France qui achète pour 357 millions de marchandises allemandes et vend pour 488 millions. Viennent ensuite les Pays-Bas, la Suisse, la Belgique, les Indes orientales et l'Italie ([ui vend à l'Allemagne (.234) un tiers de plus qu'elle ne lui achète i'lG"2 millions).

Le commerce et la vie générale de IWIleraagne se sont profondément transformés depuis trente ans. Jadis l'Allemagne exportait des denrées agricoles; aujourd'hui, pays tout industriel, elle ne peut suffire à son alimentation et vend du fer, des machines, des canons, des tissus, pouracheter du blé et du seisle.

Marine marchande ; ports de mer. — La plus grande partie du commerce extérieur de l'Ailemag-ne (70 pour 100) se fait aujourd'hui par mer. La flotte compte 4 300 navires d'une jauge totale de 2 600000 tonneaux, dont 2100000 représentent la capacité de charge des navires à vapeur. x\ujourd'hui l'Allemagne a la seconde flotte commerciale du monde.

II faut noter, en outre, que seule l'Angleterre possède autant de vapeurs jaugeant plus de 10 000 tonneaux (plus de 25), et qu'après elle l'AUemagae a les pins grands paquebots et les plus rapides qui soient. Les deux plus grandes compagnies de navigation du monde sont la Hambourg Amerika (I75naxires, 840 230 tonnes, qui construisit en 5 ans 25 navires de 170000 tonneaux ; puis le Xord-Deutscher-Lloyd de Brème ( 1 75 navires, 640 000 tonnes). Cette dernière a lancé le Kaiser Wilhelm II, long de 215 mètres, jaugeant 14 700 tonnes, mù par des machines dune force de 38 COO chevaux-vapeur. Elle construit 6 nouveaux navires jaugeant plus de 58 000 tonnes.

Les plus grands efforts ont été faits pour l'aménag-ement des ports. Depuis 1872 il a été dépensé 440 millions pour le seul port de Hambourg-.

Les lig-nes régulières de paquebots allemands sillonnent toutes les mers et relient tous les grands ports du monde aux ports allemands. Entre les États-Unis et rAUemag-ne, il n'existe pas moins de 7 lignes avec 25 départs pai^ mois.

Hambourg est le premier port de l'Allemagne et du continent. En 1900 le mouvement y a été, à l'entrée et à la sortie, de 26 200naviresjaug-eant 17 millions 1/2 de tonneaux, soit presque deux fois le mouvement du port de Marseille.

Le second port est Brème, aujourd'hui accessible aux g-rands paquebots. Son mouvement a doublé depuis 1890.

Les auti^es grands ports sont Stettin^ avec les célèbres chantiers de construction Vulcan ; Dantzig, Kiel, Lubeck.

Énumération sommaire des colonies. — L'Allemag-ne a cherché à se créer un empire colonial à partir de 1883.

En Afrique, rAllemagne a pris position partout où quelque territoire restait vacant. Elle y possède :

1° Le territoire de Togo.

2° La colonie de Cameroun, assez heureusement située à Tun des débouchés du Soudan central.

3° Ij Afrique occidentale du Sud allemande avec Angra- Pequena; cette colonie est plus saine pour les colons européens, qui ne peuvent séjourner longtemps ni au Tog-o, ni à Cameroun, mais elke est peu fertile;

4° L'Afrique orientale allemande, en face de Zanzibar, entre la mer et les g-rands lacs de la zone équatoriale. Ce domaine est certainement le meilleur lot des Allemands en Afrique. Si la côte est malsaine, en revanche à l'intérieur l'importance du relief permet aux ag-ents du commerce européen un séjour de quelque durée.

En Océanie, l'Allemagne possède la Terre de l'empereur Guillaume, sur la côte nord-est de la Nouvelle-Guinée. Elle a occupé aussi les hautes îles de V Archipel Bismarck, une partie des îles Samoa, les îles Marshall. Les Carolines et les Mariannes ont été achetées à l'Espagne en 1899.

En Asie, l'AUemag^ne s'est fait céder à bail par la Chine le territoire de Kiaotcheou dans la presqu'île de Chantoung-,

Conclusion. — Telles sont les ressources de l'empire allemand pour les luttes pacifiques de l'agriculture, de l'industrie et du commerce. La fonction dominante de l'activité économique des Allemands est l'industrie. L'agrieulli're condamnait cet État à porter une population inférieure à la moyenne; à force de labeur, de science, et grâce à la supériorité inconlestable (pie donne la houille pendant la période actuelle do civilisation, 1 Allemand s'est fait une patrie prospère.

Lectures. — E. Reclus, Europe centrale. — Bermiart Cotta, Ueatscfdands Boden. — Et dans la série de monographies : Lanil und Lente, Monoyrap/den zur Erdkunde, les volumes de GuNTUEn, der llarz ; Kekp, (m lihein; Scobei,, T/iUringen; M. IlAusnoKEH, OI)ei't)uyern; IL Wkk?:, Deutsche Novdseekiisle ; W'f.of.ner, Deutac/ie Ostaee/ciiste. — Laifitk, Élude sur la / aviijation eu Allemagne. — P. Jousset, IWlleiitagne contemporaine illustrée. — Scobei,, Ilandels-Atlas zur Verkekrsuncl Wirlhsclia l^georjraphie.

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