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VI. — Grège

Organisation politique. — Le royaume de Grèce, indépendant depuis 182!), tjccupe le sud de la péninsule des Balkans avec les ifes Ioniennes, ÏEubée, les Sporades et les Cyclades. Le g-ouvernement est une monarchie constitutionnelle. Le roi gouverne avec une Chambre des députés, la Boule.

La population, mélang-e de descendants des Hellènes et des envahisseurs slaves du moyen àg-e, compte 2433000 habitants pour 64000 kilomètres carrés, soit 37 individus par kilomètre carré. Mais une moyenne ne peut donner ici une idée exacte du g-roupement des habitants, bien plus nombreux dans les îles que dans les pauvres districts de Tintérieur. La langue populaire diffère très sensiblement du g-rec ancien, que les lettrés s'efforcent de faire revivre.

L'armée, en temps de pai.\, comprend 22 000 hommes, en temps de g-uerre 82 000. La flotte comprend 3 cuirassés, 2 croiseurs et 60 torpilleurs montés par d'excellents équipag"es.

Athènes (lilOOO hab.), capitale du royaume, vit de ses ruines. Le Parthénon et les monuments de l'antique Acropole attirent des milliers d'étrang-ers. Un chemin de fer la reUe à son port, le Pirée (42000 hab.). Patims, le port de la mer Ionienne, fait le commerce des raisins secs. Il faut encore mentionner dans l'Ile de Syra, au milieu de l'Archipel, Herniopolis (17000 hab.), escale de la plupart des grandes lig"nes de navig-ation.

Géographie économique. — La Grèce, avec son territoire montagneux, son climat exposé aux long-ues sécheresses,

ne doit sa prospérité quh l'aptitude maritime et commerciale de ses habitants.

La surface utilisal^le pour l'agriculture y est très limitée : les cultures caractéristiques nationales sont la vigne et Volivier. La production des vins atteint 1 million d'hectolitres, mais la plupart des raisins sont séchés pour l'exportation (raisins de Corinthe).

Comme tous les pays de vignobles, depuis la reconstitution des vignes françaises éprouvées naguère par le phylloxéra, la Grèce souffre maintenant de la surproduction et de la mévente des vins et des raisins, qui ne trouvent plus d'acheteurs en Occident. Ses habitants réclament assez inutilement le secours de l'État pour remédier à cette crise.

\j élevage du gros bétail n'utilise guère que les plaines de Thessalie; au contraire les montons et les chèvres sont nombreuses et pâturent dans tous les districts.

LayjeV/ieest fort active; les marins des Gyclades vont en outre pêcher les éponges sur les côtes de Syrie et de la Tripolitaine.

Industrie. — L'industrie commence à s'éveiller ; les mines de plomb argentifère du Laurium, où travaillaient dans l'antiquité les esclaves, sont encore exploitées avec profit; la Grèce extrait aussi de son sol le zinc, le manganèse. Les marbres blancs de l'Attique et de Paros sont recherchés; mais la houille et les combustibles minéraux font totalement défaut.

Voies de communication et commerce. — Autant la mer et lesilcs de la Grèce sollicitent le commerce, autant les communications intérieures étaient autrefois difiiciles. Mais les Grecs ont accompli d'importants travaux publics, construit plus do 1400 kilomètres de voies ferrées qui unissent Athènes et le Pirée à la Thcssalio d'une ])art, au Péloponèsc tic l'autre. L'isthme de Corinthe a été coupé par un canal de 6 kilomètres de longueur.

Le principal instrument du commerce est la flotte, très nombreuse et très active : 1 300 navires, voiliers et caboteurs, d'une jauge totale de 7(10 000 toimeaux, dont^OO vapeurs représentant 280 000 tonneaux. Il n'est pas de pays où le cultivateur devienne aussi facilement marin et, (piand il le peut, armaleui'. Les côtes peuvent fournir ^JOOOO ma-

telots. Cette marine joue un rùle prépondérant dans l'Archipel, et l'on voit souvent le pavillon grec dans les ports de la Méditerranée et particulièrement à Marseille. Le Piréc, Syra dans les Cyolades, Volo en Thessalie sont parmi les ports les plus actifs de la Méditerranée orientale. La valeur du commerce grec, en diminution depuis la mévente des raisins de Gorinlhe, s'est relevé à 260 millions de francs, dont 118 seulement à l'exportation. L'unité monétaire, la drachme, correspond à l'unité française, le franc. Il faut ajouter que les riches nég'ociants grecs établis dans les grandes villes de la Méditerranée, Marseille, Trieste, Constautinople, Odessa et même à Londres, prennent une part beaucoup i)lus aclive au commerce de l'Europe que ceux de la mère patrie. La Grèce importe des céréales et des produits manufacturés ; elle exporte des 7'aisi?is, des olives et des niéfnux. ^^^ Angleterre occupe le premier rang' parmi les puissances qui commercent avec la Grèce. Viennent ensuite la Russie, V Autriche-Hongrie et la France.

Lectures. — E. Ueclcs, L'Europe méridionale (Tour du Monde, IS". 1870, 1884); La Grèce, 1897 ; Le Monténéf/ro {Revue de Paris, 181»7). V. BÉRARb, La Macédoine. — De iMartonnk, La Valachie. — Albert Malet, En Macédoine (Tour du Monde, lOO-i).

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