É EUSTACHE
de tous côtés, avaient regagné leurs positions; le général fit faire volte face à ses légions et commanda une nouvelle attaque. La retraite avait été bien calculée, et l’armée parthe se trouvait engagée dans le pays où Eustache la voulait attirer, Les ennemis virent le danger, mais trop tard : lorsqu'ils songèrent à fuir, une grande partie des légions romaires les avaient cernés et les atlaquaient par derrière. Entourés par une forêt de lances, les Parthes ne purent, malgré leur impétuosité, rom pre celte barrièrs armée. Les chevaux s’enferraient d’eux-mêmesdansces lances fortement soutenues ; d’autres, blessés, se cabraient et écrasaient leurs cavaliers en tombant à la renverse, Des montagnes escarpées et des marais profonds les enfermaient des deux côtés. Le désordre des ennemis croissait de plus en plus, et, perdant tout espoir de vaincre, ils se jetèrent en désespérés sur la cohorte qui entourait le général auquel ils attribua.ent leur défaite.Un instant ils réussirent à y mettre le désordre ; mais les deux cohortes voisines vinrent aussitôt à son secours, ef, couvrant Placide de leurs boucliers, elle le mirent à l'abri des nuées de flèches qui pleuvaient sur lui. Elles gagnèrent même assez de terrain pour lui laisser le commandement de l’armée. Les ennemis furent complètement défaits, et le nombre des prisonuiers fut immense: le camp fut pris, et par cette victoire tous les trésors qu'ils avaient pillés furent regagnés à l’empire romain.
Eustache fit passer l'H daspe à son armée : c'était le fleuve qui bordait les de-1x nations. Il s’empara des villes et places fortes ennemies qui étaient restées sans garnison; en sorte que les Parthes, qui n'avaient cessé de harceler les Romains et avaient un instant fait trembler l’empercur dans sa capitale, n'avaient plus maintenant d'autre désir que celui d'obtenir la
aix. Eustache désarma les prisonniers et les mit en
iberté, se contentant de retenir comme otages leurs princes et leurs chefs. Il sut dicter des conditions de paix avec tant de sagesse, qu'il devenait impossible aux Parthes d'entreprendre une nouvelle guerre contre les Roinains. Celte paix si klorieuse n’avait
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coûté qu'une seule bataille, et c'était le résultat de quelques jours dé campagne. Le général fit rassembler l'armée, la félicita de la gloire nouvelle dont elle s'élait souverte, et annonça qu'il allait la ramener à Rome. Son seul regret, disait-il, était de se voir contraint de laisser en garnison lointaine un si grand nombre de ses braves soldats. Toute l’armée retentit d'un cri de joie, el les louanges du général s’élevèrent jusqu'aux nues. Mais Eustache ne louait que Dieu, le
eigneur des armées, de lui avoir accordé une victoire si prompte et si brillante.