INSTRUCTION SUR LA COMMUNION
saint Paul : Je vis; mais non, ce n'est plus moi, c'est Jésus-Christ qui vit en moi (Galat. 2) ; vous souvenant que le plus grand de tous les scandales, selon le jugement môme du monde, est de voir un chrétien qui communie, mais dont la conduite n'en est pas pour cela plus chrétienne, ni plus éflifiantc. Il faut donc , puisque Jésus- Christ vil en vous par la communion, que ce soit lui qui désormais agisse en vous; c'est-à-dire , qui vous fasse penser, agir et parler, et qu'il n'y ait rien dans toute voire conduite qui ne soit digne de lui. Car si , après la communion, vous viviez comme auparavant dans le désordre d'une vie lâche ou libertine, si vos pensées étaient aussi mondaines, vos paroles aussi dissolues, vos actions aussi déréglées qu'elles étaient avant que vous eussiez communié : ce que Salvien disait autrefois se vérifierait dans vous à la lettre , savoir, que Jésus-Christ recevrait en vous de la confusion et de la honte , puisqu'il lui serait honlf^x qu'une langue, par exemple, qui a été sanctifiée par le sacrement de son corps, proférât encore des paroles lascives et impures; qu'un cœur dont il a fait sa demeure , fût encore rempli de mauvais désirs.
X. Remarquer, et, s'il est possible, mettre par écrit après la communion, certains sentiments plus tendres et plus affectueux dont vous avez été louché à la sainte table : afin que s'il vous arrive ensuite de tomber dans la sécheresse, ou même dans le relâchement et dans la tiédeur, vous puissiez vous ranimer par le souvenir des choses qui ont fait alors impression sur votre esprit. Car vous profiterez ainsi de l'avis salutaire de David , conçu dans ces paroles du psaume : Les saintes pensées, dont votre cœur a été rempli dans la communion, étant recueillies et conservées, comme autant de précieuses reliques , vous feront un nouveau jour de fête (Psal. 75), autant de fois que vous y aurez recours et que vous les rappellerez.