‹ Euvres de Louize Labé, lionnoizeChapitre 73 sur 93 · Celle harpe Mfthimrioise , même page · texte numérisé non relu

Celle harpe Mfthimrioise , même page

La harpe H'Arion, de Methymne, ville de l'île de Lesbos.

25t). — De celle bende lirique , même page. L'auteur entend sans doute par ce» mots les poètes que les anciens appeloient les neuf lyriques: Alcman, Alcée, Sappho, Stésirhore, 5bycus,Anacréoïï , Simonide, Pindare et Bacchylide. 260. — JNos devanciers, les éditeurs de 1762 et l'éditeur de ABrest, ont placé parmi les Escriz a la louenge de Louïze Labé l'ode de Jacques Peletier,que nous avons indiquée (note 253). jVous ne les avons poi'it imités en cela, d'après la loi que nous nous sommes imposée de reproduire exactement les éditions originales , où cette ode ne se trouve pas ; mais nous la donnerons ici : el'e est extraite des Opuscules en vers de Peletier, à la suite de son Art poëlique francois, Lyon, Jean de Tournes,, i555, in-S." L'ortliOi'rapht; bizarre qui y est suivie, est celle que l'auteur avcit a "o^^t;'e ; car on sait qu'à l'exemple du lyonnois Loys Meigiet, il voulut introduire dans l'orthographe une réforme

complette, et la faire quad>er, comme on le disoit alors, avec la prolation (prononciation) francoise.

 tOUÏZE LABÉ , LIONNOESE.

Mon eiir voulût qu'un iour Lion ie visse , A fin qu'a plein mon désir i'assouuisse ,

Altère du renom :

l'ê vu le lieu ou l'impetueus Rône , Dedans son sein prenant la calme Sone,

Lui fôt perdre son nom.

l'è vil le siège ou le marchant étals Sa soee fine e perle oriantale,

E laborieus or :

l'è vu l'ecrin, dont les Roes qui conduîset Leur grand'Armee, a leur besoin epuiset

Vn infini trésor.

l'è contamplè le total édifice , Que la nature aueques l'artifice

A clos e ammuré :

l'è vu le plomi imprimant meint volume D'un brief labeur, qui souz les irez de plume

Vt si long tans duré.

l'è vu an fin Damoeseles e Dames , Plesir des yeus e passion des âmes >

Aus visages tant beaus :

Mes i'an è vu sus toutes autres l'une > Resplandissant comme de nuit la Lune

Sus les moindi'es flambeaus.

E bien qu'el' soèt an tel nombre si bele> La beauté et le moins qui soèt au ele ;

Car le sauoer qu'ele à , E le parler qui soeueniant distile.

Si viuemant anime d'un dous stile.

Sont trop plus que cela.

Sus donq, mes vers , louez cete Louise r Soièz, ma plume, a la louci soumise.

Puis qu'ele à mérité,

Maugré le tems fuîtif, d'être menee- Bessus le vol de la Famé ampannee A l'immortalité.

Cette pièce, comme on le voit, a besoin d'un commentaire. Le P. de Colonia, qui la cite dans son Histoire littéraire de Lyon (tome li, pages 544-5), l'accompagne de quelques notes que nous lui emprunterons, et que nous tâcherons de compléter.

l'è vu le siège ou le marchant étale , etc. , v. 7. La rue Mercière. Les m^archands de soie , les orfèvres , les joailliers , les passementiers habitoient alors de préférence cette rue.

l'è vil l'ecrin , ou les Roes qui conduîset , etc , v. 10. Le change, ou plutôt le commerce de Lyon, qui, dans des circonstances difficiles , est venu au secours de nos rois et leur a fourni des sommes immenses,

l'è contemplé le total édifice y etc. , v- i3.

La ville.

l'è vil le plom imprimant rneint volume , etc. , v. 16. L'imprimerie. Celle de Lyon etoit célèbre. Le premier qui ait exercé cet art dans nos murs, est Guillaume Régis ou le Roy, que Barthélémy Buyer, conseiller de ville, y fît venir en 1476) et qu'il établit dans sa propre maison, située sur le quai de la Saône, près des Augustins. Dès ce moment, jusque vers le milieu du XVIII.* siècle, et même plus tard, on vit une longue suite d'illustres typographes briller dans cette ville. On peut citer, entre autres, Jean Treschel, Sébastien et Antoine Gryphe, Estienne Dolet, Henry Estienne, Guillaume Roville, Jean de Tournes, Thibaud Payen, Antoine de Harsy, les ArnouUet, Jean Temporal , les deux Frellons, Horace Cardon, les Anissons, Benoît Rigaud, Jean Huguetan, Jean et Hugues Barbou, Barthélémy Vincent, Bourgeat, Jullieron , Aimé Delaroche, Jean-Marie Bruyset, etc., etc. A l'époque où vivoit Peletier, et long-temps après, les gens de lettres se renJoient en foule à Lyon pour y faire imprimer leurs ouvrages. C'étoit une des

branches les plus importantes du commerce lyonnois. Pcletier a donc trouvé là un très juste motif de louange, et il a d'ailleurs fort bien exprimé l'avantage d'une des plus belles inventions de l'esprit humain, en opposant, à la promptitude avec laquelle elle agit, la lenteur de l'écriture manuelle. Un poète du même temps, Charles Fontaine, que j'ai fait connoître plus haut (note sSa), a traité le même sujet d'une manière assez bizarre dans ces strophes de son Ode de l'antiquité et excellence de la ville de Lyon:

En mille maisons au dedans, Vn grand million de dents noires, Vn million de noires dents Trauaille en foires et hors foires ,

Sur estampe blanche mordans D'une mcrueilleuse morsure.

Qui sans entrer auant dedans Dure sans fin et sans mesure :

Et se fait connoitre partout Ou le soleil se levé et couche , Auec honneur sans fin ne bout.

Tant bien sa morsure elle touche.

Et les grans villes on y volt Au vif pour un grand tems empreintes : Là y revit (pour mort qu'il soit) Le Poëte et ses Muses saintes.

Aus visages tant heaus , y. ai.

Les dames de Lyon ont été autrefois renommées pour leur beauté, comme elles le sont encore aujourd'hui. Déjà au XV.^ siècle, Jean le Maire de Belges, dont la maîtresse étoit lyonnoise, placoit le temple de Vénus au conjluent d'^rar et Rhodanus (du Rhône et de la Saône), et-vantoit les visages ange~ liques des nymphes qui habitoient ce lieu. Érasme dit de la même ville : « Est illic mira formarum félicitas. » — « Là, le «« beau sexe est remarquable par les formes les plus heureuses.»

Marot, qui regretta si vivement le se'jour de Lyon, le célèbre également sous ce rapport; et parmi les nombreuses visites qui nous ont été faites par nos princes, il en est plus d'une à qui l'histoire n'assigne pas une autre cause.

Resplandissant comme de nuit la Lunct etCj y. a3,

......... Micat înter omnes

Julium sidus , velut inter igucs Luna minores.

( Horace , Od. i , 12 , 46—48. )

Pasquier (Recherch. de la France, vn, 6) se sert de la même comparaison , en parlant de M.^le Desroches de Poitiers ; il dit qu'elle « reluisoit à bien escrire entre les Dames , comme « la lune entre les estoilles. »

Et bien qu'eV soèt an tel nombre si bêle , v. aS. Expression purement latine, et qui rappelle le mimer is omnibus absolutus des anciens classiques.

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