‹ Évangeline et autres poèmes de Longfellow [microforme]Chapitre 19 sur 28 · D CE CE · texte numérisé non relu

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Que venait caresser l’oiseau-mouche coquet, Ornaient tous ces poteaux d’un odorant bouquet. Au bout, presque cachés sous la ramure épaisse, Sans cesse bourdonnant et roucoulant sans cesse, Étaient l’ardente ruche et le doux colombier: L’abeille travailleuse et l’amoureux ramier.

Ces lieux étaient plongés dans un calme sublime, Les rayons du soleil doraient encor la cime

Des bois mystérieux qui frangeaient l'horizon, Mais les ombres déjà planaient sur la maison. La fumée, en sortant des hautes cheminées, Formait des orbes bleus, des vagues satinées, Qui rayaient le ciel pur, comme un rustique andain Raie un champ que l’on fauche. Et, parti du jardin, Derrière la maison, par un bosquet de chêne,

Un sentier conduisait, large ruban d’ébène, Jusques à la prairie où de chaudes lueurs

Le soleil inondait les gazons et les fleurs.

Et c'était comme un lac dont les ondes bénignes Auraient dormi. Les ifs où s’accrochaient les vignes,

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Sombres dans l'or du soir, paraissaient des vaisseaux Que le calme profond enchaînait sur les eaux.

Sur un cheval ardent qui hennit et folâtre, Des bords de la forêt, voici venir un pâtre.

Il revêt un pourpoint fait de peau de chevreuil. Sa figure bronzée a presque de l’orgueil Quand, sous le sombrero, son regard se pror.iène, Satisfait et ravi, sur l’admirable scène Qu'autour de lui le soir déroule lentement.

Les troupeaux, çà et 1à, broutent paisiblement La pointe du gazon et la feuille moëlleuse.

Ils savourent surtout la fraîcheur vaporeuse Qui s'élève de l'onde et s'étend sur le pré.

Arrêtant son cheval sur le champ diapré,

Il prend le cor vibrant que sa ceinture porte,

Et souffle une clameur, à la fois douce et forte,

Qui va se perdre au loin dans les brumes du soir.

Au signal familier, aussitôt, l’on put voir

Les troupeaux attentifs lever leurs cornes blanches, Au-dessus du foin vert et des légères branches,

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Comme des flots d'écume au-dessus des cailloux. En silence, d’abord, ouvrant leurs grands yeux roux, Pendant une minute ils regardent, hésitent,

Et puis, tous en beuglant soudain se précipitent Comme un nuage épais dans les champs élargis. Et le berger vaillant revient à son logis.

Et, comme il arrivait sur son cheval superbe,

Par la sente battue en l'épaisseur de l’herbe,

Il voit, près du jardin, la vierge et le pasteur

Qui s’avancent vers lui, marchant avec lenteur, Et comme intimidés. KR. vi de l'aventure,

I1 s'arrête, d’un bond descend de sa monture,

Et court au-devant d’eux en leur ouvrant ses bras.

Les voyageurs, d’abord, restent dans l'embarras; Mais, sous les traits brunis de ce vieux pâtre agile, Ils retrouvent bientôt le forgeron Basile.

Basile, tout joyeux, conduit dans le jardin Ces amis que le ciel lui redonne soudain;

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