‹ Ève dans l'humanitéChapitre 2 sur 28 · FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR

108, DOULEVARI) SAINT-GKRMAIN^ 108

LES DROITS DE L'ENFANT

Au préalable, et pour m'assurer de l'état d'esprit du moment, je traitai des sujets de philosophie de morale, d'histoire, de littérature. Une fois le terrain bien sondé, je pris la résolution de consacrer deux saisons à la question de l'affranchissement de la femme qui, depuis le mouvement socialistede 1848, aussitôt étouffé, était tombé en oubli.

Le succès dépassa toute prévision.

L'affluence énorme du public, son assiduité,, ses applaudissements, le retentissement qu'eurent ces entretiens, m'autorisèrent à croire que la réalisation des réformes législatives que je réclamais pouvait être relativement prochaine.

J'avais compté sans la guerre qui vint retarder indéfiniment une infinité de projets.

Après cet effroyable désastre, tous les cerveaux ne furent plus absorbés que par une seule et unique pensée : relever la patrie par la libération du territoire, l'extension de l'instruction, l'orga nisation de l'armée et la consolidation de la. République. C'est à cette dernière œuvre que je travaillai, ajournant à des temps meilleurs la publication que je fais paraître aujourd'hui.

J'entrepris donc une campagne de propagande 6n faveur des principes de la démocratie, persuadée, du reste, que de leur complète application dépend la disparition de toute injustice légiférée-

Aujourd'hui que le gouvernement républicains'est affermi et qu'il est l'expression de l'opinion publique, nous devons revenir, à nouveau, sur la condition légale de la femme, condition repré-

sentant un contraste choquant avec la devise : Liberté, Égalité, Fraternité, inscrite à la tête de

notre Constitution.

Le moment est donc opportun pour mettre au jour des études qui restent aussi actuelles qu'à rheure où elles ont été produites en public.

La loi est encore la môme ; le Code a gardé son immutabilité. Mais heureusement, si la lettre a étérespectée,par un scrupule que nous ne saurions lt)uer, l'esprit a subi d'importantes modifications.

C'est ainsi que se dresse une sorte d'antagonisme entre la loi qui décrète l'infériorité définitive du sexe féminin, et les faits qui rétablissent sa complète égalité. •

Cette contradiction, en matière fondamentale, ;n'est qu'une aberration cérébrale qui ne saurait durer, et c'est pour la faire cesser qu'un groupe parlementaire, qui ne compte pas moins de soixante députés, a rédigé deux projets : l'un «onférant aux femmes commerçantes le droit d'élire, tout comme les commerçants, leurs juges consulaires ; l'autre réclamant pour la totalité des femmes l'exercice de leurs droits civils.

Le premier a été voté par la Chambre dans la Session de 1889 et a été repoussé par le Sénat ; le second n'a pas encore été mis en délibération. Ces deux projets, ayant été déposés dans la dernière législature, devront être présentés à nouveau au Parlement actuel ; et le plus curieux, cette fois, c'est que c'est le Sénat qui prendra lïnitiative de la proposition des droits civils.

Peut-ètro est-ce une faron d'atténuer ce qu'il y a d*aiTiôrô dans son rejet de l'électorat des commerçantes.

Comment admettre, en effet, que la femme qui pa^se de niveau avec Thomme sous la toise intel- Uvluelk\ à qui l'on confère depuis une vingtaine d'années tous les grades universitaires et les di[^lomes de doctorat en droit, en médecine, ainsi que rinternat dans les hôpitaux, soit déclarée incapable pour les actes les plus ordinaires de la vie civile et sociale?

Il faut absolument mettre tin à cette situation oontradictoiiv qui, logiquement, a ses contrecoup^ ^wrtout.

Kt UvHïs nous étonnons encoi*e des lenteui*s que met la Uopublique à s'oi'ganiser! Fondée sur le divil. elle a à s;^ Ik^sc la violation du droit.

Aussi que se ^xisse-t-il ?

Maîgiv la scîoiuv acquise et ses merveilleuses applications, uuUgiv les cou naissi\n ces de plus en plus approfondies de Thistoiiv et la vulgarisation ùo la ^Vîis^v t\\r la pivS4?e, les livras, la parole, les u.ouios tantes so ivjvtent, Los cai-aotères restent 3iu-vîessknïs dos id^vs, les actes au-dessous des th;\ rtos. i^u prO^no la s<^lidari:è et ou professe rin.î:\;duaUsme le p'us impito>^\Me: on exalte U uu r^lo ot ou pun\go dar.s la comiirtion la plus

Fu u:t luoU lo;u ô.o s améliorer, de se perléetioauor. U^s 0vMis<"io:;vVS s^ do^r^aàeiit.

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