II. — Valeur physiologique
La capacité respiratoire sera mesurée au moyen du spiromètre — après un entraînement préalable à se servir de cet instrument — et l’on s’arrêtera à un chiffre maximum quand il sera obtenu avec une certaine constance.
On précisera l’état de la fonction respiratoire en indiquant la fréquence des mouvements à l'heure et au repos ; puis, après une course de vélocité de 100 mètres ou une course de fond de plusieurs kilomètres, ou notera le temps nécessaire au rétablissement de la fonction normale.
L’amplitude des mouvements respiratoires est indiquée par l’ augmentation de la circonférence thoracique ou l'augmentation des diamètres antéro-postérieur et transverse. On pourra déterminer le volume de l’air passant dans le poumon pendant un temps donné avant et après le travail, la quantité d'oxygène absorbé et la quantité d’acide carbonique exhalé.
La forme et le nombre des pulsations du cœur sera examinée au moyen d’un explorateur spécial.
La tonicité des muscles sera indiquée par la résistance qu’ils offrent à la pénétration et à la compression ; on enregistrera la secousse musculaire et on aura ainsi le temps de réaction musculaire et nerveuse. Ces diverses explorations du muscle se feront avant et après le travail, ce qui indiquera l’état de fatigue et le moment de son apparition.
L’ergographe donnera la courbe caractéristique de la fatigue. Le thermomètre indiquera la température du corps ; le calorimètre mesurera la chaleur abandonnée dans un temps donné.
Des mensurations de la force musculaire et du travail devront être prises. On évaluera au dynamomètre la pression de la main droite et celle de la main gauche, avec indication de la durée de la pression.
PHASE POSITIVE
On soulèvera un haltère d'un certain poids de la main droite et de la main gauche et on notera le nombre de fois que l’on pourra faire ce travail avec un rythme donné ; même observation pour le soulèvement de la barre à sphères. Mesurer aussi au frein dynamométrique la quantité de travail effectué dans un temps donné, en kilogrammètres, avec les bras.
On mesurera la distance à laquelle on peut lancer un boulet de 7 kg., et le disque du bras droit et du bras gauche ; on notera le nombre de touches dans un but.
La vitesse du coup de poing s'obtiendra en mesurant en centièmes de seconde le temps qui s’écoule entre l’apparition d un signal optique et le moment où le coup porte, l’appareil donnera en même temps l’intensité et la durée de la pression du poing sur le luit. Faire une série de mesures analogues pour le membre inférieur et noter la force d’extension des jambes et la durée de cette tension.
La force d’extension du tronc sera obtenue au dynamomètre au moyen d’une bretelle attachée au sol et passant sur les épaules ; cette extension sera donnée par chaque jambe séparément et par les deux réunies.
On notera aussi la distance à laquelle on peut lancer un ballon avec le pied et la précision du lancer ou le nombre de touches, sur dix coups par exemple, de là jambe droite ou de la jambe gauche.
HL Valeur mécanique dans lés exercices d’application
Pour la mesurer, on fera exécuter des marches de résistance dans différentes conditions de rythme, de charge, de terrain et on notera la distance parcourue, la durée, le nombre de pas ou cadence à la minute, la longueur du pas et la vitesse de progression, le double appui des pieds.
Ainsi, on fera fournir une course de vélocité de 100 mètres avec toute la vitesse possible ; on notera la durée en secondes, le nombre de pas et le temps nécessaire au rétablissement des fonctions circulatoire et respiratoire. Mêmes observations pour une course de 150 mètres à l’allure modérée et pour une course de fond de 15 kilomètres
On notera la hauteur et la longueur des sauts de pied ferme en distinguant le saut en hauteur, le saut en longueur et le saut mixte. On fera exécuter des sauts en profondeur, avec grande précaution. Les sauts avec élan et les sauts avec appui des mains, les sauts à la perche, les sauts d’obstacles, les sauts de haie, à la poutre, au cheval, se feront de même en tenant surtout compte de la qualité de la chute.
Pour examiner l’adresse du sauteur, on le fera sauter assis, debout ou suspendu à une barre après un ou plusieurs balancements, en avant ou en arrière. On tiendra le plus grand compte de la manière d’amortir la chute progressivement et de la stabilité finale.
Faire aussi exécuter des sauts successifs et indiquer leur nombre, leur durée et l’espace franchi. On mesurera la hauteur à laquelle on peut s’élever en grimpant à la perche ou à la corde avec les mains ou les pieds, ou avec les mains seulement, en notant le temps employé pour cela.
On fera exécuter une suite d’établissements successifs à une barre, à la poutre ou à la planche. Examiner aussi le sujet au point de vue de la souplesse et constater s’il est capable de faire des mouvements d’élan et de voltige ; quelle est son adresse au tir, par le nombre de balles et de points obtenus ; noter comment il se comporte dans l’eau, son mode de natation, la durée d’une course de 100 mètres dans l’eau, la distance et la durée d’une course de fond, son habileté au plonger et dans les sauvetages. Il faudra enfin apprécier son adresse et son aptitude aux assauts de boxe, de canne, de lutte ainsi qu’à la gymnastique aux agrès et aux différents jeux et sports.
Bases de la Pédagogie dans une Méthode Positive
d’Éducation Physique.
JLa principale qualité d’une méthode, au point de vue pratique, consiste dans sa facililé d’adaptation aux sujets, aux circonstances et au milieu.
PHASE POSITIVE
Le plan est unique, défini par les qualités que nous recherchons : mais il ne peut et ne doit pas être réalisé d’une manière fixe et invariable ; F éducateur est tenu à chaque instant de iaire un travail d adaptation pour régler les détails de son enseignement ; il doit sacrifier l’absolu au besoin de plaisir et de changement et éviter de donner des leçons arides qui amènent le dégoût él la lassitude.
Un peut néanmoins donner des indications générales sur lesquelles la pédagogie doit être établie. Ainsi :
L Education physique est nécessaire ; elle fait partie de ^éducation générale ; elle est inséparable de l’éducation morale et de l’éducation intellectuelle.
Elle ne consiste pas à rechercher la force athlétique ni à vaincre des difficultés exceptionnelles imaginées sans raison , elle enseigne à 1 homme à donner son maximum de rendement en travail utile, avec le minimum de dépense et de fatigue.
L’Education physique est complète si les quatre effets de 1 exercice hygiénique , esthétique , économique et moral correspondant aux qualités : Santé, Beauté, , Adresse , Virilité — sont obtenues.
L effet hygiénique d’un exercice dépend de la quantité de travail qu’il dépense dans un temps donné, c’est-à-dire de la dose d’énergie nécessaire ou de sa violence.
L effet esthétique dépend du genre d’exercice et de la nature des efforts musculaires répartis sur les différentes régions du corps.
L'effet économique de l’exercice dépend de son adaptation parfaite au travail proposé, ce qui permet d’obtenir un rendement maximum en effet utile par la qualité d’exécution.
L effet moral dépend de l’effort spontané qu’il exige ; de la direction de cet effort et aussi de l’entrain et de la o-aîté qu'il fait naître.
Le résultat d’une bonne éducation physique doit se manifester par les qualités utilisables dans la vie. Tout ce qui ne concourt pas à l’augmentation de l’énergie humaine et à la meilleure ut.lisation de cette énergie, doit être laissé de côté - Une bonne Education physique ne doit jamais contra-
l'école française
rier la nature ; elle (loi! au contraire aider celle-ci en s'empaparanl de toutes les puissances <jiii ont une/ action sur le perfectionnement de l’individu.
Elle doit avant tout développer l’activité spontanée et l’effort volontaire et susciter toujours le travail personnel de façon que tout effort demandé soit un pas fait pour l’indépendance de l’individu.
L’effort volontaire et l’attention seront toujours tenus en éveil ; jamais l’enseignement ne consistera dans une théorie exécutée automatiquement. Il faut, en un mot, susciter l’action personnelle afin d’augmenter non seulement la valeur individuelle ou organique de l’homme, mais aussi sa valeur sociale.
On évitera ainsi les écueils et les préjugés de la scolastique étroite qui substitue à l’effet utile les détails minutieux et sans portée d’une pédagogie pédante et conventionnelle.
— La valeur éducative des exercices dépend de leur aplitude à produire les effet indiqués plus haut. Tous les moyens qui améliorent la santé, la beauté, l’adresse, l’état mental et moral, doivent être utilisés.
On pratiquera pour cela des exercices hygiéniques, des exercices de fond, de force et de vitesse, des exercices esthétiques et des exercices d’adresse, de souplesse el d’audace ; des exercices récréatifs, comme les jeux el le tir et des exercices d’application utiles pour se tirer d’affaire, comme le grimper et la natation.
— L’importance relative des exercices doit, varier suivant les sujels : enfants ou adulles, militaires ou civils, ouvriers mapuels ou hommes d’étude, paysans ou citadins, faibles ou forts. L’éducation physique de l’enfant doit concorder avec celle de l'homme fait sans se servir des mêmes moyens ; l’enfant n’est pas un homme petit, mais un être en formation.
11 faut exercer les organes de façon à les perfectionner et par cela procéder du simple au composé, du facile au difficile, de l’effet modéré à l’effet intense, par degrés insensibles, en s’arrêtant à chaque degré. On recherchera d'abord l’amélioration des organes de la nutrition avant de chercher à briller dans l’applical ion.
PHASE POSITIVE
— Les fonctions sont solidaires et inséparables, les organes agissant de concert ; vouloir améliorer la vie sans tenir compte de l’ensemble des fonctions est une erreur fondamentale ; par exemple : on ne peut faire la culture du muscle seule sans s’occuper de l’éducation du système nerveux qui régit tout.
L’amélioration fonctionnelle doit envisager l’homme en mouvement et sa faculté de produire du travail, et non J' individu à l’état statique. Aussi ne faut-il pas s’arrêter à la correction géométrique de l’attitude, ce qui est vite obtenu et d ailleurs conventionnel et de peu d'importance, mais l’amélioration réelle des fonctions.
La forme et l’attitude dans les exercices de la gymnastique de développement doivent être considérées comme des indications pédagogiques et non comme un but.
— La beauté de la forme au repos n’est pas la beauté de la forme en mouvement. La souplesse et l'adresse, l’aisance et l’élégance sont le résultat de l’économie ou de l’adaptation de nos contractions musculaires au travail ; la beauté des mouvements est la conséquence du perfectionnement de notre coordination dans le sens économique el non une chose de convention.
Les attitudes économiques de travail et les formes du mouvement sont nécessairement différentes de celles de la gymnastique corrective. Les lois de l’économie sont applicables avec toute leur précision à la gymnastique d’application et k tous les sports. Ces lois doivent régler l’éducation de nos mouvements et nous donner des habitudes utiles, familières aux sujets d’élite et qui constituent leur supériorité comme résistance à la fatigue et rendement en travail.
Il faut considérer la valeur physique de l’homme et la synthèse de son perfectionnement au point de vue de son endurance, de son adresse, de sa « débrouillardise » et ne pas inettio sa lin dans 1 exercice même ; il vaut mieux passer sur des incoi 1 ecl ions de détail lorsque le perfectionnement est réellement obtenu que de tomber dans lés travers de l’ancienne éducation classique qui avait la prétention de préparer à la vie avec des exercices d’orthographe et de style, jugeant
L ECOLE FRANÇAISE
delà valeur d’un élève d’après la quantité de barbarismes et de solécismes trouvés dans ses devoirs.
Ou doit éviter le gaspillage de force nerveuse qui se produit dans les mouvements à vide en travaillant toujours contre une résistance. On prendra aux méthodes analytiques ce qu’elles ont de bon sans s’y borner ; l’expérience seule, aidée du contrôle scientifique, indiquera la valeur des procédés employés et le sens des modifications en vue de les mieux adapter au but cherché.
— La leçon de gymnastique n’est pas une juxtaposition quelconque ni une combinaison de mouvements de pure imagination : c’est une sélection de moyens de perfectionnement. Cette leçon ou séance de gymnastique doit être complète, utile, graduée, intéressante, conduite avec ordre et énergie.
Chaque séance d’exercices représente en petit le plan complet de l’enseignement ; on doit y obtenir les quatre effets de l'exercice et, dans la suite des séances, observer une gradation insensible dans l’intensité des effets utiles.
Le plan de l’enseignement est un, mais il doit être réalisé par des moyens variés en tenant compte de l’effet psychique produit sur l’élève. L’éducateur doit toujours éveiller l’intérêt des élèves par le choix, la diversité des exercices et la manière de les enseigner. Le classement des exercices suivant leurs effets permet de les substituer les uns aux autres avec équivalence du résultat. La nature des effets à obtenir fixe le choix des mouvements et leur mode d’exécution ; l’importance relative de ces effets donne la juste proportion à conserver pour chacun d’eux suivant les cas.
Il y a, par exemple une différence essentielle entre la gymnastique scolaire qui s’adresse à l’enfant et la gymnastique militaire, toute d’application, qui s’adresse à l’adulte.
L’ensemble d’exercices appelé Gymnastique Educative doit directement préparer à l’application utile et comprendre .les moyens favorables pour obtenir la bonne nutrition des organes, améliorer les fonctions de l’organisme et faire surtout l’éducation de nos centres nerveux de volition et de coordination. La correction des attitudes n'occupe donc dans ce groupe de qualités qu’une place secondaire.
PHASE POSITIVE
L’enseignement doit se faire aux enfants sous forme familière et par imitation, non par démonstrations rationnelles. D’autre part, le grand nombre des élèves, le petit nombre d’instructeurs dont on dispose, le temps restreint et souvent la petitesse des cours et des préaux, exigent de l’ordre, de la discipline et des exercices à effet intensif.
— La G radation des exercices doit être établie sur l’intensité de leurs effets, sur la dépense de travail et d'attention qu ils demandent et sur le degré de fatigue nerveuse et musculaire qu’ils causent. 11 y a deux gradations d’énergie, du commencement à la fin d’une même séance, et la gradation d’intensité des exercices dans la succession des séances.
La gradation est obtenue par la violence de l’exercice et sa complication.
L exercice est violent quand il demande des efforts musculaires intenses et prolongés ou bien quand il provoque une dépense importante de travail dans un temps court. Un exercice compliqué demande un effort d’attention plus grand et une action plus complexe des centres nerveux.
Les éléments de gradation les plus usités consistent dans des positions du corps plus difficiles, des inclinaisons du tronc nécessitant des contractions plus intenses, dans une tenue prolongée des attitudes actives, dans une amplitude plus complète des mouvements, une rapidité plus grande de la cadence, une répétition plus fréquente de l’exercice, dans des temps de repos moins longs el dans des résistances plus grandes à vaincre.
Il faut aussi tenir compte, dans cette gradation, dé l’âge, du sexe, de la force et de l’adresse des élèves. Le classement de ces derniers doit être fait d’après leur état physiologiqm fi non d après 1 âge et la taille. Il doit aussi y avoir unu d ifférence entre 1 enseignement qui s’adresse à des jeunes hiles et celui des jeunes gens. Le fait de se servir d’appareils portatifs ou fixes ne constitue pas forcement un élément de gradation sur les exercices libres. Dans ces derniers la position initiale doit être observée strictement et conservée pendant les mouvements des membres. Les coudes doivent se déplacer dans le plan des épaules et l’on évitera l’ensel-
L' ECOLE FRANÇAISE
lure ; le maître devra rectifier à chaque instant les mauvaises attitudes des élèves et les incorrections dans l'exécution des exercices en entendant la correction comme nous l’avons définie plus liant.
— Enfin la terminologie des mouvements et lmirs commandements doivent mettre en évidence leurs propriétés principales. II faut apprendre à composer une leçon complète avec les éléments quelconques que l'on a sous la main, en utilisant même les objets domestiques.
Les appareils de gymnastique doivent avoir un but utile et bien défini ; ils doivent être adaptés à l’organisation de l’homme et considérés soit comme moyens de développement, soit comme moyens d’acquérir l’adresse et de se familiariser avec des cas qui trouvent leur application dans la vie. La classification des appareils repose sur la nature et la propriété des mouvements qu'ils permettent d'exécuter.
On doit s'efforcer d’établir un matériel très simple et peu coûteux, pouvant servir à l’enseignement collectif, en évitant la spécialisation et l’abus des appareils de gymnastique, surtout des appareils de grimper.
Règles pratiques pour réaliser l'enseignement (1).
1. — Le premier effet de l'exercice, le plus indispensable, à obtenir est V effet hygiénique. Ce ne sont pas les gros muscles qui font la santé, et on ne peut remplacer 1 effet général de l’exercice par l’effet local. L'effet hygiénique de l’exercice est une question de quantité de travail, de localisation des contractions musculaires, de temps pour le produire et de manière de le présenter el le rendant agréable et attrayant.
Ele ver le poids de son corps en montant par un escalier ou en grimpant à la corde lisse produit des effets tout à fait
(1) Extrait du Cours supérieur d’ Education physique (Alcan, édit.).
PHASE POSITIVE
opposés, la fatigue peut être salutaire dans le premier cas, énervante et malsaine dans le second.
L’exercice est violent s'il produit 1 'effort ou s’il exige une grande quantité de travail.
Il ne faut pas oublier que les faillies réclament tous nos soins, nous devons mettre l’exercice à leur portée. Par une dépense convenable, on peut susciter dans l’organisme un mouvement nutritif favorable à sa reconstitution, une bonne alimentation est indispensable à la réparation des forces, mais la suralimentation ne servirai I de rien sans l'exercice.
Il faut éviter aussi I exercice violent immédiatement avant et après le repas, craindre les refroidissements pendant le travail digestif et après l’exercice. Éviter de boire froid quand on est en transpiration. La régularité des repas et du régime de vie en général est une garantie de bonne santé ; il faut y joindre la sobriété, une alimentation mixte plutôt végétale qu animale, et un vêtement suffisant pour conserver notre chaleur normale.
Dans les exercices, il tant bien veiller à ne pas surmener le cœur ; la course par exemple, si elle active utilement la
respiration, a l'inconvénient sérieux de fatiguer le cœur. Les
causes qui agissent sur ce dernier sont surtout musculaire et les mouvements respiratoires.
Aussi faut-il faire I éducation de sa respiration po les troubles de la circulation.
le travail ur éviter
Eviter l'effort , ne pas arrêter sa respiration dans les efforts musculaires, pousser le ali ! des bûcherons ou cesser l’effort progressivement en rejetant lentement Pair comprimé delà poilinie ou en décontractant .les muscles de l’abdomen avant l'expiration. (Note v page 322).
Lvitei l essoufflement par de profondes inspirations rythmées suivies de profondes expirations; h' rythme des mouvements respiratoires doit être lent et la voie naturelle de l'air est les fosses nasales.
Préparer le mécanisme respiratoire en donnant aux articulations des côtes ci du thorax une mobilité indispensable à l’amplitude des mouvements respiratoires. Les inspirations volontaires ou exercices respiratoires, les attitudes et les
l’école française
mouvements des bras favorisant l’ampliation thoracique seront exécutés fréquemment.
Il iaut apprendre à rythmer sa respiration avec la cadence de la marche ou de la course de résistance, ne pas chanter ni parler d’une façon suivie pendant le travail.
Evite r ou reculer la fatigue et pour cela s’entraîner progressivement à un l rava i I pénible.
La progression porte sur l'intensité des efforts musculaires, ce qui évite la fatigue locale et sur la dépense de travail total, ce qui diminue la fatigue générale.
Tout travail bien exécuté doit être obtenu sans fatiguer les muscles qui le produisent, et surtout sans une dépense nerveuse trop grande, les efforts musculaires seront donc en rapport avec la puissance des muscles mis enjeu et répétés d’une façon continue avec un certain rythme.
Des reprises fréquentes de travail sont bien plus favorables à la nutrition que de longues séances au bout desquelles ou est fatigué lourdement.
Le rythme avantageux pour le travail dépend de la proportion entre les temps d’activité et de repos. Pour continuer indéfiniment le travail il faudrait que le temps de repos qui suit la période de travail soit suffisant pour amener une réparation complète des forces.
La variété des exercices permet de reculer les limites de la fatigue en répartissanl l'activité sur des organes différents.
Même bien entraîné, il faut, si Pou veut bénéficier de tous les avantages d’une bonne préparation antérieure, attendre quarante-huit heures environ entre b' dernier exercice préparatoire et l’épreuve définitive pour que tous les déchets de la fatigue aient été éliminés. L’exécution des mouvements avec souplesse et avec le minimum des contractions musculaires uliles est un moyen économique de réduire la dépense et de retarder la fatigue ; celle-ci sera combattue par les soins journaliers de la peau, par les ablutions froides suivies de frictions à sec. Si l’on veut tirer tout le bénéfice de son entraînement, il faut éviter les excès, même musculaires, n’absorber aucun excitant du système nerveux, habiter un lieu aéré, sec, un coteau ou une lisière de bois ensoleillée, s en-
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tretenir le moral dans la gaîté et l’entrain, goûter un sommeil réparateur et savoir s’arrêter à temps sans jamais aller au delà de ses forces ni les remplacer, quand elles défaillent, par la surexcitation nerveuse.
-• — L’exercice doit servir aussi à donner au corps une belle iormeèt une belle altitude il doil remplir des conditions esthétiques.
Il doit remédier à la faiblesse de notre charpente et à l’incurvation qui en résulte et corriger les attitudes scolaires et professionnelles.
Pour l’enfant, point de jeux athlétiques; cela retarderait ou arrêterait sa croissance. Il lui faut des jeux qui produisent l’effet hygiénique sans surmener lellcœur et le poumon, cela s obtient par des temps de course sans durée ; il faut des exercices qui redressent la colonne vertébrale incurvée. Ces exercices s adressent en particulier à la région cervicale, à la région dorsale et à la région lombaire. Il faut veiller aux bonnes atli tudes debout et assis, écrire en restant symétrique et droit. Ne pas obliger l’enfant à marcher trop tôt et ne pas prolonger trop longtemps la station debout ou assise et même la marche.
Il faut être bien chaussé, sans hauts talons, s’efforcer toujours d amplifier la poitrine et d’effacer l’abdomen sans exagération.
Eviter les contractions trop vives et trop intenses des muscles. Les contractions d’une intensité moyenne avec une grande amplitude du mouvement sont les plus favorables à leur développement normal.
Il faut savoir utiliser la contraction concentrique avec raccourcissement complet de certains muscles faibles pour obtenir 1 équilibre des fléchisseurs et des extenseurs.
Il faut provoquer la contraction concentrique des muscles qui fixent et maintiennent les épaules effacées et des muscles des parois abdominales. Au contraire on choisira des altitudes ou les fléchisseurs des doigts et des bras ainsi que les pectoraux seront dans l’élongation.
Plus un mouvement est précipité, plus les contractions
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musculaires sont brusques, intenses, mais discontinues et confuses.
Cette vivacité agit surtout mécaniquement sur le cours du sang et plus et plus encore sur la fatigue des centres nerveux;
La loi normale de la contraction musculaire est d’être d’autant moins prolongée qu’elle est plus intense et d’autant moins précipitée que la masse à mouvoir est plus grande.
Pour développer sans fatiguer, il faut éviter les chocs et les à-coups. Cette observation s’adresse particulièrement aux exercices de détente, aux coups de pied et coups de poing qui doivent toujours être terminés et arrêtés par la touche.
Pour les jeunes enfants, rechercher toujours le mouvement et éviter les efforts statiques.
Ne pas confondre l’énergie d'un mouvement avec la brusquerie et la sécheresse. L’énergie doit être employée utilement pour le but précis que l’on cherche; développement ou application. Un mouvement peut être rythmé avec diverses cadences, chaque temps conservant une cadence en rapport avec la masse à mouvoir.
Le rythme favorable et l’alternance du mouvement et du repos est de la plus grande importance pour reculer la fatigue et pour produire le maximum de travail.
Les exercices purement esthétiques ont pour but de redresser les courbures exagérées du rachis, de fixer l’épaule, d’amplifier la cage thoracique, de resserrer les parois abdomi nales.
Pour fixer l’épaule, il faut rapprocher les bords spinaux des omoplates et pour cela user de mouvements qui ont un effet réel et non apparent.
On obtiendra l'ampliation thoracique par deux moyens :
La course avec les mouvements respiratoires réflexes ou volontaires de grande amplitude et les mouvements qui redressent le rachis et soulèvent les cotes. Avant tout il faut éviter de comprimer le thorax par des vêtements serrés et des attitudes fléchies.
On améliorera le mécanisme respiratoire en obtenant l'ampliation des mouvements de la cage thoracique indépendant-
PHASE POSITIVE
ment des échanges chimiques, sans essouffler et surtout sans surmener le cœur.
Il faut éviter cependant d’exagérer l’amplitude de linspiration au point de distendre les vésicules pulmonaires audelà de la limite de leur élasticité.
On donnera de la solidité aux parois de l’abdomen en fortifiant les muscles de ces parois par des flexions actives du tronc; les contractions concentriques remédieront à la distension de ces parois et à l’ensellure.
Les attitudes actives de la gymnastique scolaire devront avoir cet effet bien nettement déterminé.
3- — Pour affiner les mouvements, il faut obtenir une exécution parfaite, économique ; on commencera par des exercices faciles que l'on compliquera ensuite, on fera de plus des mouvements dissymétriques.
On décomposera l’exercice avant de l’exécuter, on le fera d abord lentement, puis on accélérera progressivement la cad< nu sans se raidir et sans jamais étriquer ses mouvements.
On répétera fréquemment un exercice pour le bien posséder. Il faut être à son aise dans tout ce que l’on fait, pour ( cia ne pas aller trop vite ; il doit y avoir progrès sans fatigue après chaque séance de travail. On ne peut remplacer la cmal"e du travail par le nombre d’heures d’application qui amène la fatigue sans perfectionner.
L’adresse s’acquiert par la gymnastique générale, elle a pour conséquence la beauté et l’aisance des mouvements.
, 1 n 111011 ve ment n’est pas beau s’il n’est pas bien défini, s'il n est pas correct, c’est-à-dire d'accord avec son bat et s’il n’est pas obtenu économiquement, c’est-à-dire s’il est précipile et incohérent, s’il n’est pas assez ou s’il e*i trop étendu.
Les équilibrés dans différentes attitudes, les exercices
compliqués, cadencés et commandés éduquent les mouvements.
Les exercices exécutés à une certaine hauteur habitueront a vaincre le vertige. Les jeux, les assauts de boxe et d’es-
ï.i me. 0U 1 y 3 de 1 lmPrévu donneront de l’initiative, de la decision, du sang-froid et de la vitesse.
l’école française
La main a besoin d’une éducation spéciale pour devenir un instrument délicat de travail (1).
Le travail manuel peut être considéré comme une éducation physique ayant un but pratique, et l’apprentissage des métiers devient un cas particulier de l’adresse et de raffinement des mouvements.
Les métiers artistiques ont besoin de cet apprentissage plus que tous les autres, et l’éducation des sens est le complément inséparable de cet affinement général.
Il faut supprimer dès le début de l’apprentissage l’ânonnemenl ou tout ce qui ressemble au bégaiement ; on doit préciser ses mouvements comme on précise ses pensées.
4. — Toute éducation physique doit susciter chez les individus un effort personnel, l’éducateur doit diriger cet effort de façon à le rendre utile : il doit avoir sur son élève une influence
morale qui facilite cet effort et l’encourage à le continuer.
Les exercices d’audace et d’agilité, ceux qui présentent même un certain danger et font endurer une certaine souffrance, les concours où l’amour-propre est aiguillonné sont des moyens de relever le courage et de mettre en action les qualités viriles.
Mais il faut toujours envisager le résultat social des efforts collectifs, la dignité individuelle et l’élévation du but que l’on se propose.
C’est l'idée dominante qui constitue l’effet moral de l’éducation ; cet effet disparaît si l’on envisage que le record ou la pure satisfaction de la vanité.
La gaîté et l’entrain sont l’assaisonnement indispensable de l’exercice mais la qualité de l’exercice ne doit pas être sacrifiée au plaisir seul. Ce serait une erreur fondamentale.
L'éducation physique a pour but de classer et de simplifier les moyens de perfectionnement et en faisant une sélection
(1) Il ne faut pas oublier que ce n’est pas dans la main que se produit tout le perfectionnement, on ne peut séparer les muscles des centres nerveux qui les commandent, et c’est dans ces derniers surtout que se fait le perfectionnement. Voir : Le Violoniste, Maloine, éditeur.
PHASE POSITIVE
judicieuse et en basant cette sélection sur la connaissance des effets de l’exercice.
Il importe au maître de se rendre bien compte de ce qu’il produit et d’être bien fixé sur ce qu’il recherche.
On jugera la qualité d’un mouvement au point de vue éducatif par son effet physiologique ; si cet effet répond au but proposé et si 1 exercice est bien approprié au cas particulier
qui se présente, le mouvement pourra être considéré comme bon.
On de vi a aussi connaître les effets relatifs des exercices et savoir qu’il n’est pas indifférent de les grouper et de les juxtaposer d une certaine façon, comme le peintre qui connaît sa palette, l’éducateur doit savoir composer les éléments de ses leçons et en prévoir l’effet résultant.
Des éléments bons isolément peuvent constituer un enseignement confus et inefficace.
Ln mauvais ordonnancement d’une leçon peut amener à un résultat médiocre sans effet bien net.
L arrangement des exercices suivant un pian déterminé constitue la méthode, cette dernière doit être simple et précise et produire le maximum d’effet utile.
L être humain prend plaisir à l’effort ou le rejette suivant qu il est raisonnable et énergique ou impulsif et faible.
Il faut tenir compte de cet état mental et joindre à l’ordonnancement ,1e la leçon la variété des éléments, sans pour cela en compromettre le but.
Le plan de l’enseignement est fixé par l’organisation humaine, i est donc un comme cette dernière. Le groupement des exercices doit être l'ait en vue des effets divers à obtenir. Leur variété évitera l’ennui et soutiendra constamment l’intérêt Le classement doit bien mettre en évidence la base natuicl e sur laquelle repose l’enseignement et faciliter sa o-radation suivant les âo-es. &
nerm ‘lune mélho<le consiste dans sa souplesse qui
permet d adapter ses moyens au but proposé.
Ce nest pas la richesse confuse, la prodigalité dos détails
P^cis ^ ««.ValeUr dGS m°yenS qUi °,U t0"S le'"'
l’école française
Le biologiste connaissant les lois de la vie prépare le travail à l'éducateur, mais le rôle de ce dernier est plus vaste, il s’empare des lois naturelles pour s'y soumettre et en tirer profit.
Ce n’est pas un travail d’imagination, mais un travail d’adaptation qu’on lui demande.
La méthode scientifique seule peut apporter les qualités de simplicité, de clarté et de sûreté dans l’éducation.
Nous entendons parla l’application d’une méthode vraiment scientifique et non une vaine science de mots. Cette méthode est forcément éclectique et évolutive ; elle domine tous les systèmes comme la vérité domine les préjugés.
Tout système exclusif est par cela même incomplet ; l’adaptation d’une méthode spéciale à un milieu particulier crée naturellement un assemblage factice ; les habitudes prises, les idées enracinées faussent l’esprit et le portent à l’intolérance et à l’erreur.
C’est la raison pour laquelle les questions d’éducation suscitent encore les (lassions au lieu d’être trai tées comme des problèmes scientifiques et non comme des questions de sentiment.
Les détails d’un enseignement doivent être prévus et d’accord avec leur fin, mais tout est modifiable parce que scientifique au fur et à mesure des progrès de la science et de l’expérience acquise.
Cela se résume en un mot : être conscient de ce que Von fait.
L’éducation physique est la base de l’éducation générale, mais il faut qu’elle remplisse certaines conditions pour être d’accord avec l’éducation morale et intellectuelle. Il laul lui donner une direction convergente avec celle de l’armée.
N’oublions pas que les éducateurs spéciaux du sentiment, de l’intelligence et du corps doivent, se rencontrer sur leur terrain commun qui est l’homme et que leurs efforts ne peuvent être divisés, ils doivent être inséparables comme les fonctions de l’être humain.
PHASE POSITIVE
La leçon de gymnastique.
route méthode d’éducation a pour objet le perfectionnement de I individu et de la race et pour résultat une plus grande somme de résistance et d’énergie, un rendement maximum en travail utile et un bienfait social incontestable.
Les moyens pour obtenir ces résultats peuvent être différents mais il faut toujours qu’ils soient adaptés a l’organisation humaine et suffisants et complets pour répondre au but proposé.
Il ny a qu’une organisation humaine, il ne doit y avoir quun plan d éducation physique. L’enseignement est complet si les quatre effets de l’exercice sont recherchés et obtenus : ces effets ont été indiqués plus haut.
La valeur éducative d’un mouvement se mesure à son aptitude à produire nettement un des effets précédents. La suite d’un enseignement se compose de leçons ; chaque leçon est iormé.e de la réunion de mouvements variés dirigés par un seul maître et destinés à faire bénéficier un grand nombre d’élèves à la fois des quatre effets de l’exercice précédemment énoncés.
Lue séance comprend ainsi des mouvements propres à activer la circulation du sang et la respiration, à développer harmonieusement le système musculaire à remédier aux mauvaises attitudes de l’épaule, à dilater le thorax, à redresser les courbures vertébrales, à tonifier spécialement les parois abdominales.
L enseignement comprend aussi des exercices qui en le L-écréanl, rendent l’élève adroit et souple, assurent son équilil.re, atténuent le vertige, perfectionnent les allures normales et trouvent leur application immédiate dans la vie civile ou à la guerre. La leçon doit être complète, utile, graduée, intéressante, dirigée avec ordre et énergie.
La proportion et le choix des exercices la^rendent coinp ete et utile. La variété des exercices la rend intéressante.'
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Il y a une foule de manières de réaliser le plan de renseignement selon les sujets auxquels on s’adresse, ou les milieux où l’on agit. Pour former ce plan, on se basera sur les effets à obtenir en les subordonnant les uns aux autres d’après leur importance relative. On classera d’autre part les exercices suivant leurs effets, ce qui permet de les substituer les uns aux autres avec équivalence du résultat.
La leçon n’est pas une suite artificielle d'exercices quelconques. Ce n’est pas non plus une combinaison de mouvements de fantaisie, c’est une sélection de moyens de perfectionnement dans un ordre logique. Le temps restreint que l’on peut consacrer aux exercices physiques exige que ces exercices aient un effet intensif. L’intérêt et la nécessité d’exercer un grand nombre d’élèves simultanément a pour conséquences obligées l’ordre et la discipline.
Les exercices peuvent être classés en 7 séries ; la suite des séries constitue le plan de l’enseignement. Chaque série de mouvements vise un ou plusieurs effets déterminés et se compose d’exercices sensiblement équivalents et gradués. Ces exercices peuvent être exécutés à des appareils différents. (Voir le programme page 351.)
Une leçon comprend un ou plusieurs exercices pris dans chacune des séries dans l’ordre indiqué (1).
Cet ordre a sa raison d’être, il est basé sur la dépense de travail ou la violence de l’exercice, il permet d’entraîner progressivement le corps à des efforts croissants sans le surmener puis d’en diminuer l’énergie, de façon à cesser le travail quand le calme s’est rétabli dans l’organisme.
Quand l’instruction des hommes est assez avancée, on donne une part plus grande encore aux exercices d’application militaire sans abandonner pour cela les exercices correctifs ou de développement.
Les marches et courses se feront alors avec armes et bagages, la boxe sous forme d’assaut, l’escrime «à la baïonnette, les équilibres sur la poutre et sur le portique, les sauts, avec
(t) Guide du Maître , de Rudeval, éditeur, et Manuel d' exercices du Ministère de l’Instruction publique.
PHASE POSITIVE
armes. On s’exercera aux escalades et au port des fardeaux.
Ces exercices ont spécialement pour but d’habituer le soldat à vaincre les difficultés qu'il pourra rencontrer en campagne et à lui donner confiance dans sa force.
En résumé une séance comprend une suite d’exercices de chacune des séries et en rapport avec l’état de l’instruction des sujets : la durée relative à donner aux exercices de chaque série n est pas absolue, chaque série sera séparée par un repos de une ou plusieurs minutes surtout après la 4e et la 6e série qui comprennent des exercices très violents.
La succession des exercices étant ainsi déterminée, il reste à considérer leur gradation dans la suite des leçons.
A cet eflet chaque série d’exercices présente une échelle croissante d’intensité et de difficulté d’exécution. La gradation est établie sur 1 intensité de l’efiet produit, et non sur le passage d’un appareil à un autre appareil. L’intensité de l’effet n’est pas forcément associé à l’intensité des efforts. La violence de 1 exercice, sa durée, 1 importance des repos qui séparent les exercices sont des éléments de gradation. Les attitudes initiales dans lesquelles sont exécutes les mouvements sont de la première importance. Ces attitudes doivent être actives, c’est-à-diYe nécessiter un effort. Les fentes çt inclinaisons du tronc permettent de faire agir le poids du corps comme résistance à vaincre et de graduer ainsi facilement l’intensité des contractions musculaires. L exécution des mouvements des b i-as en conservant les coudes dans le plan des épaules est un moyen qui assure l’effet favorable à l’ampliation thoracique.
On obtiendra plus vite le développement harmonieux par des attitudes choisies et maintenues que par le mouvement des membres exécutés séparément et d’une façon quelconque.
Il est inutile d’ exécuter tous les mouvements articulaires possibles, croyant ainsi avoir obtenu tous les effets de l’exercice.
Mais il ne faut rien exagérer, ne jamais pousser l’effort jusqu’à la fatigue, répéter l’exercice jusqu’à ce que l’effet cherché soit produit, aller du simple au composé par degrés insensibles en s’arrêtant à chaque degré et susciter toujours le travail personnel avec la correction la plus parfaite’ dans
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Inexécution sans attacher trop d’importance à la précision des ensembles.
Les défauts que l'on rencontre dans les attitudes des élèves doivent être pour le maître un objet constant d’attention.
Le classement des hommes doit être basé sur le degré de leur développement et d'instruction et non sur l’âge et la taille.
classés et numérotés dans chaque série par ordre de difficulté et d’intensité croissantes, on pourra aisément composer une suite de leçons progressives. Pour les commençants on prendra dans chaque série les exercices affectés des numéros les plus faibles et on avancera dans chaque série au fur et à mesure des progrès accomplis. 11 est bien entendu cpie le plan de la leçon reste le même pour tous, les effets à obtenir restant les mêmes, les moyens seuls diffèrent suivant la température, la saison et les ressources dont on dispose (1).
Pénétré de ces observations, un éducateur habile peut utiliser ce qu’il a sous la main à la caserne ou à la campagne et obtenir avec les appareils les plus rudimentaires des effets satisfaisants. 11 faut pour cela ne jamais perdre de vue le corps humain et le but que l'on se propose, avoir acquis assez de pratique et de tact pour se rendre compte de ce qu’il faut faire dans chaque cas particulier, pour donner aux hommes les qualités qui leur manquent et remédier à leurs défauts les plus graves.
On ne traitera pas le citadin comme le campagnard. Le premier est nerveux, excitable, s’assimile facilement les choses, il est adroit, mais manque de fond et souvent de santé. Le second est quelquefois lourdaud et maladroit, il doit apprendre à coordonner ses mouvements et se rompre aux exercices d’application. Le citadin a un besoin impérieux de rétablir l'équilibre de ses fonctions, il lui faut des exercices hygiéniques et de l'air pur pour réveiller sa vitalité et diminuer son excitabilité.
La durée du service militaire est courte, mais elle doit suffire à produire une amélioration dans ce sens. L’instruc-
(I) Voir le Guide du Maître, de G. Demeny, 'ie édition. Paris, deRudeval.
METHODE EXPERIMENTALE
tion faite avec intelligence aura toujours pour effet de donner aux hommes des indications précises qui leur serviront dans la suite, elle recrutera des adeptes à l’exercice et propagera des habitudes d’hygiène et de virilité dont les bienfaits se manifesteront bientôt dans toute la population.
Ainsi comprise l’instruction militaire est faite pour affirmer la puissance moralisatrice de l’armée en étendant le rôle de l’officier qui contribue à l’éducation de la Nation.
METHODE EXPERIMENTALE
Nous nous sommes efforcé de montrer ailleurs (voir Bases scientifiques de VEducat. Physique et Mécanisme et éducation des mouvements) combien la méthode expérimentale avait déjà, dans l’étude des mouvements, dissipé d’obscurité et dévoilé d’erreurs. Il y aura à compléter ces travaux et à les développer ; ce ne peut être l’œuvre d’un jour mais celle de toute une génération lorsqu’on sera résolument entré dans celte voie que peu de personnes comprennent aujourd’hui. Ce sera la synthèse de toutes les sciences afin de contribuer au bonheur de l’humanité mais cela demande de la sagesse et du loisir, choses qui s’accordent généralement peu entre elles ; ceux qui ont le rare bonheur d avoir du loisir reculent devant l’effort et employent souvent leur fortune à satisfaire leurs passions et leurs vices, recherchant le perfectionnernenl par exception, loin de s’améliorer, ils s’amoindrissent.
Nous ne pouvons sans cesse revenir sur le même sujet sans ciaindie de devenir fastidieux et de retarder encore la conviction. Quelques exemples tirés de nos travaux inédits seront peut-être plus utiles pour montrer explicitement ce que nous entendons par expérimentation ; nous n’avons d’ailleurs pas fait autre chose que d’appliquer les méthodes graphiques usitées en physiologie et auxquelles nous avons été dressé et rompu par notre maître Marey. Ces méthodes n'ont pas encore rendu tout le service qu’on est en droit d’en attendre, leur impersonnalité qui les met à l’abri de l’opinion per-
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mettra de réaliser notre vœu le plus cher : l’alliance de la pratique et de la science.
Nous avons été interrompu dans nos recherches par la suppression de nos fonctions et l’éloignement des laboratoires que nous avions créés et munis d’une technique nouvelle ; la France qui avait pris les devants se trouve aujourd’hui en reste sur les pays étrangers.
L'appli cation des sciences biologiques à l’éducation physique se fait chaque jour davantage ; des faits nouveaux diminuent chaque jour la part laissée à l’empirisme. Mais il reste encore bien des choses inconnues et incertaines. On pourrait s’étonner que la vérité ne s’établisse pas plus vite parle concours actif et l’entente des praticiens et des physiologistes ; en voici la raison: les lois du perfectionnement physique de l’homme dépendent de nombreux facteurs dont il est difficile de dégager l’influence propre. Ainsi l’hérédité, les habitudes, les préjugés et la routine compliquent le problème même quand les discussions d’intérêt ne viennent pas l’obscurcir complètement.
Pour se dégager de toutes les contingences il ne faut jamais quitter le terrain expérimental ; il faut interroger les faits, sans s’inquiéter, les conséquences à en tirer.
L’importance de la technique expérimentale n’échappera pas aux personnes ayant l’esprit scientifique ; si elle présente quelquefois de grandes difficultés, il faut l’accepter avec la conviction qu’elle est la seule ressource sérieuse pour attaquer les questions en litige. Loin d’être du temps perdu, tout pas fait dans cette direction est un progrès et une conquête sur l’inconnu.
Avec la méthode graphique, l’inscription photographique est le procédé de recherches qui nous a permis d’aborder l’étude mécanique des mouvements. La photographie peut en effet s’adapter à presque tous les cas.
Documents photographiques.
Deux images d’un même sujet prises à un certain intervalle de temps long ou réduit sont des documents eompa-
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râbles si l'on a la précaution de ne varier ni l’éclairage, ni l’attitude, ni l’orientation, ni le point de vue et si on laisse le sujet absolument libre.
Mais ce mode de procéder est insuffisant pour indiquer les minimes variations de forme et d’attitude comme il s'en produit à la suite d’un entraînement de courte durée. S’il y a des modifications dans la forme elles seront plus sûrement perçues par les mensurations directes.
Photographies à travers un réseau.
On peut, il est vrai, prendre une image photographique à travers un réseau millimétré, formé avec des fils blancs horizontaux et verticaux tendus sur un cadre (fig. 56), mais il faut se défier des erreurs. Le modelé n’est réellement rendu que par un moulage en plâtre. Cependant, en prenant des images photographiques de divers points de vue comme dans la stéréoscopie et la photosculpture, on se rapproche davantage du réel.
Pour éviter l’installation coûteuse de plusieurs appareils photographiques, nou4 plaçons le sujet sur une plate-forme tournante, le sujet immobile dans une attitude donnée présente ainsi toutes ses faces à l’objectif et 1 on peut avoir de lui autant d’épreuves que Pon désire, différent très peu l’une de l’autre mais cependant assez pour mettre en valeur les reliefs et le modelé des muscles (fig. 57).
On obtient ainsi des séries d’images qui se complètent les unes les autres. En joignant à ce procédé les ressources de la stéréoscopie, nous augmentons l’expression des docu-
t ig. 56. — Réseau millimétré placé devant un sujet photographié.
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Fig. 57. — Plate-forme tournante pour photographier un sujet successivement sous dillérents points de vue.
Fig. 58. — Profils d’après la superposition des images photographiques d’un sujet aux phases extrêmes de l’inspiration (trait ponctué) et de l’expiration (trait plein). On voit nettement les déplacements relatifs des différents parties du corps ; en particulier les épaules de soulever dans 1 inspiration profonde.